Compilation des messages d'Esprit68 référencés sous la catégorie "autres thèmes"...

Digression philosophique

Comme je l’avais indiqué avant-hier, je vais consacrer le message d’aujourd’hui à une digression philosophique sur l’inanité des concepts religieux les plus fondamentaux. Il s’agit de montrer en quoi les plus profondes préoccupations religieuses sont en réalité vide de sens ou du moins mal formulées. Cette petite digression philosophique pourra paraître très éloignée des habituelles préoccupations d’Esprit68, mais dans sa conclusion, elle rejoindra d’une manière inattendue quelques-uns de nos thèmes de prédilection.

Les religions qui sont actuellement les plus représentées dans le monde, se caractérisent par l’adhésion à un certain nombre de croyances caractéristiques. Je citerais les deux plus importantes :

- La croyance en dieu

- La croyance en une existence post-mortem

Une opinion communément répandue, considère en effet que la question de l’existence de dieu et la question de l’existence individuelle post mortem sont deux interrogations fondamentales, auxquelles l’esprit humain est naturellement confronté. Je voudrais défendre l’opinion contraire et indiquer que l’insistance portée sur ces deux questions n’est que le symptôme de l’oubli d’une question beaucoup plus fondamentale, qui a déjà été circonscrite par des philosophies et des spiritualités anciennes.

Cette question première et fondamentale, aujourd’hui oubliée, est la suivante :

Y a-t-il une seule présence au monde ou bien plusieurs ?

Qu’est ce que cette notion de « présence au monde » ? Elle correspond approximativement aux notions d’atman et de purusha, développées dans des philosophies de l’inde comme le monisme védantin, le samkhya et le yoga et repris par le bouddhisme. Comment faire comprendre cette notion ? Que voulaient dire les partisans du monisme védantin lorsqu’ils avançaient qu’il n’y avait qu’un seul atman, identifié avec brahman ? Pour l’expliciter, je propose cette petite comparaison :
Vous pensez, cher lecteur de ce blog, être la même personne que celle qui hier déjà, lisait le message « Visions fantasmées du nationalisme ». Pourtant, vous n’en avez pas une preuve irréfutable. Vous savez de manière irréfutable que vous êtes actuellement en train de lire ce blog, mais le souvenir de votre lecture d’hier pourrait être factice. Il pourrait appartenir à une autre « personne ». Hier vous étiez peut être allé à la pêche ou vous aviez regardé la télévision, ou peut-être même n’existiez-vous pas du tout ! Mais un habile hypnotiseur vous a fait croire à cette existence factice et vous en a inoculé le souvenir qui ne correspond pourtant pas à une expérience vécue par vous.
Inversement, vous pensez que vous n’êtes pas Lucrèce88, c’est à dire moi-même, l’auteur de ce blog. Pour affirmer cela, vous pouvez argumenter que vous ne ressentez pas présentement ce que je ressens, et que vous n’avez pas les mêmes étranges pensées que moi à l’esprit.
Mais finalement, vous ne ressentez pas davantage présentement ce que vous avez ressenti hier (vos souvenirs vous donnent un fugitif aperçu de ce que vous avez peut-être ressenti, mais ils sont incomplets et peuvent toujours être considérés comme factices).
Si vous pensez cependant que vous êtes bien la même personne (ou pour mieux dire la même présence au monde) dans votre corps au cours du temps, vous devez admettre que vous pourriez être la même présence au monde dans différents corps dispersés dans l’espace.
On peut ainsi aller jusqu’à admettre qu’il n’y a qu’une seule « présence » au monde, disséminée dans tous les corps conscients, dispersés dans le temps et dans l’espace. Telle est l’opinion avancée par le monisme védantin.
Le samkhya et le yoga affirment au contraire qu’il existe nécessairement différentes présences au monde.
Quant au bouddhisme, il affirme que l’on ne peut pas répondre à cette question et qu’il est même dangereux de la poser, parce que « des enfers ont été bâtis » pour les audacieux qui voudraient la résoudre.

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Je n’analyserais pas ici les différents arguments qui militent pour l’une ou l’autre de ces trois positions fondamentales.
Je voudrais simplement indiquer que si l’on soutient la conception du monisme védantin, à savoir l’unicité de la présence au monde, on doit admettre que tous les êtres conscients sont fondamentalement le même être.
La question de l’existence post-mortem n’a donc pas à être posée : Cette existence se poursuit tant qu’il existe des êtres conscients représentatifs de l’unique présence au monde. En clair, quand monsieur x meurt, il continue de vivre à travers tous les êtres conscients qui abritent la même présence au monde, comme monsieur x abritait lui-même la même présence au monde tout au long de sa vie.

Comme monsieur x n’est fondamentalement pas différent de n’importe quel autre être conscient, si l’un de ces êtres doit recevoir le nom de dieu, monsieur x est aussi ce dieu. Il s’identifie à brahman, pour reprendre le vocabulaire védantin.

Nous ne sommes évidemment pas obligés d’adhérer au monisme védantin (pour tout un tas d’objections philosophiques, logiques et métaphysiques qu’il serait trop long de présenter ici), mais il faut reconnaître qu’il pose la question fondamentale, celle qui doit être posée avant toutes les autres.

En effet, ce n’est qu’après avoir répondu à la question de l’unicité ou de la multiplicité de la présence au monde, que l’on peut aborder la question de l’existence post-mortem individuelle et la question de l’existence de dieu.

Les trois grandes religions monothéismes ont complètement occulté l’importance de cette grande question. Le bouddhisme, spirituellement plus avancé, en conserve encore la trace, même s’il refuse d’y répondre.

Passons maintenant à la question de l’existence ou de la non existence de dieu, qui comme nous l’avons vu, ne peut être qu’une question secondaire. Il est de bonne méthode, pour répondre à cette question, de se conformer à la règle proposée par le philosophe Bertrand Russel. Cette règle indique que l’on ne peut pas se prononcer sur l’existence de quelque chose dont on n’aurait pas donné préalablement une définition. Il faut donc commencer par donner une définition de dieu avant de se prononcer sur sa possible existence.
Or, il y a trop de définitions de dieu et la plupart sont incompatibles entre elles. Il est ainsi facile de démasquer la ridicule supercherie des philosophes qui proposent de soi-disant preuves de l’existence de dieu. Ces philosophes peuvent bien avancer, par exemple, qu’il doit exister une cause première à tout événement et l’appeler « dieu ». Mais pourquoi laissent-ils sous-entendre que le dieu ainsi défini est aussi une « volonté », qu’il est aussi le dieu dont on parle dans la bible, qui s’est manifesté sous la forme d’un buisson ardent et qui est censé s’être adressé à Abraham et à Bernadette Soubirous ? Si ces philosophes estiment avoir prouvé l’existence d’une cause première et nécessaire, qu’ils l’appellent « cause première et nécessaire » et non pas dieu !
En fait, si l’on s’en tient au conglomérat hétéroclite de significations que l’on rassemble le plus fréquemment sous le vocable « dieu », on peut très clairement affirmer que dieu n’existe pas, car il n’existe pas quelque chose qui soit à la fois :

- une cause première,

- un point de vue où se concentrent tous les points de vue (la monade divine de Leibnitz),

- une substance unique dotée d’une infinité d’attributs et de modes (le « dieu » de Spinoza « autrement dit la nature »),

- l’ensemble des propriétés vraies (d’après le mathématicien Kurt Gödel)

- une volonté,

- quelque chose dont nous avons en nous l’idée mais qui ne nous est pas révélé par notre expérience (Descartes),

- quelque chose « à l’image de l’homme »,

- quelque chose qui est apparu à un homme nommé Moïse, qui a ouvert la mer rouge en 2, qui a créé le monde en 6 jours et qui a chassé les 2 premiers représentants du genre homo d’un certain territoire,

- à la fois un père, un fils, un esprit et une petite rondelle de pain azyme que l’on consomme à la messe,

- une autorité qui autorise la consommation de la viande de porc,

- une autorité qui n’autorise pas la consommation de la viande de porc,

- ce qui est avec les chrétiens contre les musulmans,

- ce qui est avec les musulmans contre les chrétiens

Etc, etc, etc…

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Le terme dieu est donc tellement imprécis, il englobe un si grand nombre de définitions, dont la plupart sont incompatibles entre-elles, que la prudence devrait conduire à le bannir définitivement du vocabulaire. Il en va a peu près de même pour l’âme.

L’âme et les innombrables termes qui lui sont apparentés, peuvent être employés dans trois grandes catégories de circonstances

1) Pour expliquer le mouvement du corps, rendre compte de son fonctionnement général, expliquer que le corps humain ou tout corps en général est « animé » (du latin animus, ou anima, l’âme)

2) Pour dire « quelque chose » sur l’homme en insistant sur son unité ou au contraire en distinguant ses différentes composantes, ses différentes facultés et notamment ses facultés intellectuelles et morales.

3) Pour spéculer sur une possible survie après la mort, après la destruction du corps.

A ces trois types de circonstances au cours desquelles le mot âme est employé, correspondent trois types de significations :

1) L’âme comme principe vital.

2) L’âme comme double, individualisation ou forme si l’on veut rendre compte de l’unité de l’homme ou comme esprit, intelligence, mémoire, raison, si l’on veut rendre compte de ses facultés, qui seront ou non opposées au corps.

3) L’âme comme part immortelle de l’homme (et peut-être d’autres créatures), part qu’il convient précisément de définir en posant cette question : qu’est-ce qui est sauvé, qu’est-ce qui survit à la destruction si l’on reprend les différents constituants du composé humain ?

Ces trois types de significations, vitaliste, anthropologique et eschatologique peuvent se cumuler ou s’exclure, ce qui explique que les définitions de l’âme vont considérablement varier et que les termes qui lui sont associés vont se multiplier, selon que l’on fera principalement allusion à l’une ou l’autre de ces trois significations.

L’âme est donc un concept particulièrement imprécis. Son emploi semble par ailleurs totalement injustifié :

L’âme ne peut plus être envisagée en tant que principe de mouvement, puisque les progrès de la physique ont permis d’élaborer des concepts plus précis et plus opérationnels pour rendre compte du mouvement des corps. De même, l’âme ne peut plus être considérée comme un principe vital, les progrès de la biologie ayant conduit à expliquer tous les phénomènes vitaux sur la base des lois physiques. Les notions d’individualisation et de déterminant de la forme d’un corps sont quant à elles beaucoup mieux précisées par l’introduction du code génétique.

Si l’on veut considérer l’âme comme un principe de pensée, il s’avère que le terme est d’un emploi peu satisfaisant, qui nécessite en tout cas qu’on lui adjoigne d’autres notions, tels que « conscience », « inconscient », « intentionnalité », phénomènes cognitifs conscients ou inconscients, expérience phénoménale, afin de mieux caractériser ce qu’est la pensée et ce qu’elle peut impliquer.

Enfin, puisqu’il s’avère que tous les possibles attributs de l’âme en tant que principe de pensée semblent trouver leur fondement dans le fonctionnement du cerveau au sein d’un corps vivant, comme ce cerveau et ce corps sont par nature périssables, il paraît également illusoire d’envisager quelque chose comme une « âme immortelle ».

La seule signification qui pourrait encore être réservée à l’âme serait cette « présence au monde » que nous évoquions plus haut. Mais pour nous garder des imprécisions, il vaut mieux parler explicitement de « présence au monde » et envisager ce que cette présence implique.

Peut-on enfin, conduire avec le terme « âme », le même procès qu’avec le terme « dieu » ? L’âme n’existerait pas, parce qu’il n’existerait pas quelque chose qui soit à la fois :

- un principe de mouvement,

- un principe de vie

- un principe d’individualisation

- un principe de pensée

- quelque chose d’immortel et d’impérissable.

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Tiens ?! Mais il pourrait exister quelque chose qui soit à la fois tout cela, et c’est l’énergie ! Il faut cependant remarquer que cette énergie ne peut pas être considérée comme « un fluide vital ». Il n’existe pas un tel « fluide » qui remplisse toutes ces fonctions. Il n’existe pas non plus « d’énergie psychique ». C’est plutôt le psychisme, émergeant du fonctionnement d’un système nerveux suffisamment complexe, au sein d’un organisme évoluant dans un certain environnement, qui a besoin d’énergie pour se manifester. Par ailleurs, l’énergie ne peut pas endosser le sens que les religions voulaient faire porter à l’âme, notamment parce que l’énergie n’est pas un principe d’individualisation au sens où on l’entend généralement pour l’âme… Et surtout, l’énergie ne constitue pas une présence au monde (sauf pour les panpsychiques, mais ce blog ne se prête malheureusement pas à une explication de ce qu’est le panpsychisme et des arguments qui peuvent lui être opposés).

On pourrait d’ailleurs soutenir qu’il n’existe que deux choses dans l’univers, l’énergie et la présence, et il faudrait alors s’interroger comment celle-là, conduit à l’émergence de celle-ci. Je pense d’ailleurs qu’avec suffisamment d’énergie (et le savoir faire adéquat !), il est possible de préserver l’organisation de n’importe quel corps, vivant ou non, et la mémoire qui lui est attachée : les souvenirs intimes au sein d’un cerveau ou l’information numérisée sur le réseau mondial (voir les messages des premier et 7 avril à ce sujet). C’est en ce sens que l’on peut avancer que l’énergie contribue à la préservation de n’importe quelle identité. Mais malheureusement, nous ne pouvons utiliser qu’une quantité limitée d’énergie, et cette quantité, il faut bien songer à la partager pour que chacun puisse dignement bénéficier de sa présence sur terre.

Précision : il ne faudrait pas confondre la présence et l'identité. L'identité pourrait être définie comme la conjonction d'une mémoire et d'une conscience de soi. On a vu que l'on pouvait envisager une seule présence pour plusieurs identités (monisme védantin) ou à l'inverse plusieurs présences pour une seule identité (comme dans la bande-dessinée Swamp thing, La créature du marais). L'opinion la plus répandue, est de considérer qu'il y a autant de présences que d'identités individuelles. Mais on pourrait également envisager une identité sans présence, par exemple un robot doté d'une mémoire et d'un système de reconnaissance de soi, qui n'éprouverait pas d'expérience subjective - même si dans ce cas, il serait peut-être exagéré ou impropre de parler d'identité, car le robot n'aurait pas une véritable conscience de soi, subjectivement éprouvée. La présence n'est donc pas l'identité, mais la présence peut naturellement souffrir de la perte d'identité, ce qui nous retiendra bientôt...

On le voit, il y a sans doute encore beaucoup à penser, au-delà du discours objectif de la science, pour essayer de déterminer ce que nous sommes vraiment et ce que peuvent être nos buts. Mais évidemment, cette réflexion à la fois éthique et métaphysique, ne peut être valablement conduite qu’en dehors du carcan des dogmes religieux qui corrompent et mutilent toute pensée.

Pour poursuivre la réflexion, un classique de la littérature anarchiste, les Douzes preuves de l’inexistence de dieu par Sébastien Faure (le texte complet est téléchargeable en bas de la page). Le travail de Faure est certes intéressant, mais il n'est pas encore assez systématique à mon goût. Son principal défaut est, à mon sens, de se laisser entraîner dans de périlleux débats métaphysiques sur la Création, la perfection, l'Esprit, la causalité... Il n'est point besoin d'entrer dans des querelles scolastiques à propos de ces notions qui toutes sont piégées. Il faut simplement révéler l'imposture de l'emploi du mot "dieu" qui s'appuie sur toutes ces notions si obscures, si mal définies qu'il est difficile de les réfuter totalement, pour faire oublier qu'il dissimule des commandements bien moins subtils : dieu, n'est rien d'autre qu'un alibi pour tel ou tel pouvoir. Il est ce en quoi commande de croire telle ou telle communauté, l'abstraction au nom de laquelle on nous demande de nous soumettre, d'abdiquer notre intelligence et notre liberté et enfin de mourir. Enfin, comme je l’indiquais dans ma réflexion du 10 avril, c’est une démarche plus rigoureuse et plus systématique qui doit aboutir à la condamnation de la religion, démarche qui débute par une caractérisation du fait religieux, de ses crimes, de ses fautes et de ses mensonges.

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Le schéma de la révolution

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schéma de la révolution


Je voudrai vous présenter aujourd’hui, dans un schéma unique, une synthèse des idées développées dans Esprit68.

Ce schéma me permettra de situer les prochaines réflexions, ou plutôt les prochaines actions. Car Esprit68 va évoluer au cours du mois de mai. Vous retrouverez la plupart des rubriques habituelles : Uchronies, Humeurs et actualités, Slogans, Chants et Poèmes, mais les Actions remplaceront les Réflexions. Ainsi, après la fin du mois de mars, dédiée à la définition des enjeux, après le mois d'avril, principalement dédié à la réflexion et à l'analyse, le mois de mai sera le mois de la définition des moyens de la révolution et le mois de la mise en oeuvre !

Mon "schéma de la révolution" remplit en outre un rôle fédérateur, en montrant comment différentes actions menées par divers partis ou associations sur de multiples terrains de lutte, peuvent être fédérés dans un dessein global, qui pourtant n’est pas une vision totalitaire.

Je ne m’illusionne pas sur sa portée. Ce n’est qu’une manière de présenter un ensemble d’idées et de concepts. Il ne faudrait pas le considérer comme un absolu indépassable, car il deviendrait alors un instrument de pouvoir idéologique. La synthèse qu'il propose, doit plutôt être envisagée comme un instrument didactique et comme un guide pour l’action. Elle doit permettre de donner un sens aux différentes formes de luttes et aux diverses initiatives prises pour améliorer le bien être. Elle doit contribuer à les rapprocher et à les agréger, tout en conservant leur spécificité.

Mon schéma montre également comment, autour de l’écologie, peuvent être réconciliés des pôles que l’on pourrait croire opposés :

- Ainsi, la nécessaire autorité mondiale qui doit être contrebalancée par le développement de l’autonomie locale.

- Ainsi l’anarchie et sa contestation de toutes les autorités non rationnelles et sa relativisation de toutes les appartenances, qui doit être nuancée et adoucie par la référence à l’humanisme et par la prise en compte de l’autorité rationnelle. L’anarchie conduit à combattre toutes les formes de pouvoir arbitraire, tandis que l’humanisme justifie la lutte pour le droit des minorités.

- Ainsi la contestation des valeurs réactionnaires et de l’obscurantisme religieux qui est équilibrée par la promotion de valeurs éthiques « positives » au sein d’une philosophie du bien-être global et de la justice universaliste qui donne un sens profond à toutes les luttes.

- Ainsi encore, la défense du communisme qui doit s’accompagner d’un développement du génie humain et de la créativité à travers la promotion de la science et du réalisme.


Voici donc le scéma en question détaillé :

schéma détaillé

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Une certaine dynamique permet de passer d’un pôle à l’autre, de circuler de la droite à la gauche et d’unifier tous les concepts en un double cercle centré autour de l’écologie :

- L’autogestion et le développement de l’autonomie, elles-mêmes dérivées du communisme, permettent de s’affranchir des pouvoirs arbitraires (financiers, technologiques, industriels), et conduisent à une forme raisonnée d’anarchie.

- L’anarchie, à travers l’anticléricalisme et l’athéisme militant, utilise le réalisme comme un contre-pouvoir.

- Le réalisme, s’appuie sur la science pour optimiser les actions humaines et accroître le pouvoir des hommes non pas sur les autres hommes, mais sur les choses. Il permet la réalisation d’une écologie raisonnée et conduit également à édicter des normes pour préserver les ressources et l’environnement.

- Ces normes sont légitimes, car elles sont imposées, non pas en référence à une appartenance nationale, ethnique ou religieuse, mais en référence à l’appartenance humaine.

- C’est sur une théorie de la justice universaliste et sur une éthique du bien être global que repose la représentation humaine et l’élaboration des normes planétaires.

- L’exigence éthique conduit à l’introduction d’une forme de communisme, qui vise notamment à garantir pour tous, la satisfaction des besoins élémentaires (alimentation, logements, santé, éducation).

- Ce communisme est un communisme énergétique qui interdit la captation, pour des intérêts individuels, d’une trop grande quantité d’énergie. Il plaide pour une humanisation des ressources vitales. Il implique une réappropriation au niveau individuel ou local de la production de l’énergie et des biens et conduit au renforcement de l’autonomie et de l’autogestion, qui sont des garanties contre l’emprise arbitraire du pouvoir, donc à nouveau un des moyens de l’anarchie.

L’écologie est au centre de ce cercle. Elle est motivée par l’exigence réaliste et par l’exigence éthique. En retour, la préservation de l’environnement conduit à l’augmentation du bien être. L’écologie conduit également à lutter contre l’ignorance et l’obscurantisme pour faire triompher la vison objective de la science. Elle impose le désarmement généralisé, pour écarter notamment la menace nucléaire, ce qui rejoint la perspective humaniste. Afin d’empêcher les intérêts particuliers et les modes capitalistes de production de consommation et d’échanges de dégrader l’environnement et de détruire les ressources, l’écologie rejoint encore les exigences communiste, autonomiste et anarchiste. Elle permet également d’envisager le pouvoir arbitraire comme une forme de pollution des relations humaines.

J’ajouterai, que d’un point de vue plus restreint, ce schéma, proposé par Esprit68 pourrait s’interpréter comme une tentative pour donner une nouvelle assise doctrinale à la gauche et à l’extrême gauche. Mais, comme je l’ai fait remarquer dans mon message du 25 avril sur le clivage gauche/droite, l’appartenance à la gauche, même si elle est utile pour le temps des luttes, notamment dans son opposition aux valeurs de droite qui demeurent nocives pour le bien-être global, cette appartenance à la gauche, dis-je, devra au final être dépassée dans une vision universaliste.

A ce sujet, les lecteurs du blog remarqueront que mon schéma est ici présenté sous une forme inversée par rapport à l'axe vertical. C'est une manière de le rendre cohérent par rapport au positionnement droite/gauche. En effet, la partie gauche du schéma représente des idées et des mouvements traditionnellement associés à la gauche ou à l'extrême gauche politique. Elle est équilibrée par une partie que l'on pourrait considérer plus droitière, ou du moins ,par une partie qui regroupe des idées qui sont parfois revendiquées (et pas toujours de manière légitime, voir à ce sujet mon message du 25 avril) par la droite politique : réalisme, édiction de norme, "gouvernement" appréhendé, il est vrai, à l'échelle mondiale.
La partie droite est en somme la partie du pouvoir (du pouvoir sur les choses et non sur autrui, ou pour mieux dire de la "capacité") et la partie gauche la partie du partage. Mais le pouvoir de la partie droite est d'abord orienté vers le pouvoir sur les choses (pôle réaliste/scientifique) et il ne devient pouvoir sur autrui qu'en référence à l'autorité rationnelle, démocratique et exercée pour le bénéfice de la seule appartenance qui transcende les égoïsmes communautaires : l'appartenance humaine !

Je dois cependant admettre que la tentative d’Esprit68, vise à refonder la gauche, en en éradiquant, non pas le marxisme à proprement parler, mais les références au matérialisme dialectique.
Le matérialisme dialectique n’est en effet pas seulement une théorie absurde, c’est un idéalisme déguisé et un fatalisme, qui a malheureusement figé pendant plus d’un siècle la réflexion des mouvements progressistes et révolutionnaires.

Comme je l’expliquais, notamment dans mon message du 6 avril sur le réalisme, la nouvelle théorie révolutionnaire devra assurer ses choix éthiques et ne pas les faire dériver d’un faux réalisme, c'est-à-dire d’un soi-disant ordre du monde qui ne serait en fait qu’une construction idéologique.

La justice et l’éthique ne relèvent pas du monde ou de l’histoire ou de dieu, mais elles relèvent de l’homme. Elles sont ses créations dont il doit se sentir le plus fier et dont il doit lui-même assurer, avec la plus grande attention, la réalisation.
De même, pour Esprit68, l’avenir n’est jamais figé. Il n’y a pas de marche prédéterminée vers le communisme ou vers le capitalisme ou vers l’anéantissement.La révolution est souhaitable mais elle n’est pas inéluctable. C’est à nous de la provoquer pour le bien être et la sauvegarde de tous.

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Dernier message !

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Voici le dernier message publié sur le blog Esprit68.

Cette expérience que j’ai essayée de faire vivre pendant un peu plus de deux mois a été épuisante, mais extrêmement enrichissante. J’ai appris beaucoup de choses et j’ai du réviser mes opinions dans de nombreux domaines. Le blog Esprit68 m’a en quelque sorte apporté une nouvelle conscience politique…
Repris dans Esprit68, le site, j’espère que ces 68 messages vous ont plu ou du moins intéressé.
Peut-être certains trouveront Esprit68 quelque peu radical et provocateur. Je ne nie pas la part de provocation, ni la part d’humour… Mais attention, sur le fond, j’ai essayé d’être sincère… Les sujets abordés dans Esprit68 sont sérieux, Ô combien. C’est véritablement de notre avenir qu’il s’agit et c’est à nous de le prendre en main et d’agir. Oui, l’action paraît difficile mais elle n’est pas impossible.
C’est véritablement à une révolution que je vous convie. Une révolution qui peut trouver de multiples voies, une révolution que chacun pourra entreprendre avec ses propres moyens.
Je conçois d’ailleurs que d’aucun soient effrayés par la nécessité urgente de l’action révolutionnaire. Car la révolution est effectivement effrayante. Elle impose, un bouleversement complet de nos habitudes, un renoncement à ce que nous croyons acquis, mais qui est illusoire. Et pourtant la révolution est nécessaire, car plus effrayant encore serait de ne rien faire, de ne rien tenter.
Alors, oui, soyons révolutionnaires, pour le meilleur, et pour éviter le pire !
Comme je l’ai annocé, Esprit68, le site poursuivra l'effort révolutionnaire entrepris par le blog. Il tâchera maintenant de se faire connaître, non pas pour imposer ses idées, mais pour fédérer les forces. Il poursuivra ses réflexions, car la pensée ne doit jamais demeurer figée.

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