Un film du Groupe Medvekine de Sochaux et de Bruno Muel, 1974. Les groupes Medvedkine de Besançon et Sochaux ont à la charnière des années 60 et 70 dessiné une utopie concrète : des ouvriers s’emparent du cinéma avec l’aide de quelques passeurs. Au final, une série de films comme autant de possibles embrasant l’époque et le spectateur. Avec le sang des autres, nous montre le vrai visage de la dynastie Peugeot. L’esclavage de la chaîne et, au-delà du vol du travail, la spoliation de tous les aspects de la vie des travailleurs, dans une ville, des magasins, des transports, des distractions qui tous appartiennent à l'empire totalitaire Peugeot.
Comme l'explique l’un des ouvriers dans le film : « C’est pas simple de décrire une chaîne… Ce qui est dur en fin de compte, c’est d’avoir un métier dans les mains. Moi, je vois, je suis ajusteur, j’ai fait trois ans d’ajustage, pendant trois ans j’ai été premier à l’école… Et puis, qu’est-ce que j’en ai fait ? Au bout de cinq ans, je peux plus me servir de mes mains, j’ai mal aux mains. J’ai un doigt, le gros, j’ai du mal à le bouger, j’ai du mal à toucher Dominique le soir. Ca me fait mal aux mains. La gamine, quand je la change, je peux pas lui dégrafer ses boutons. Tu sais, t’as envie de pleurer dans ces coups-là. Ils ont bouffé tes mains. J’ai envie de faire un tas de choses et puis, je me vois maintenant avec un marteau, je sais à peine m’en servir. C’est tout ça, tu comprends. T’as du mal à écrire, j’ai du mal à écrire, j’ai de plus en plus de mal à m’exprimer. Ça aussi, c’est la chaîne… »
… Oui, la fortune des uns est bien bâtie avec la vie des autres !
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