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Les Diggers de San Francisco

Les Diggers de San Francisco

Le film documentaire, Les Diggers de San Francisco, de Céline Deransart et Alice Gaillard, tourné au cours des années 1990 et diffusé en 1998, est une évocation d'un collectif artistique militant et anarchiste qui choisit son nom en référence aux "Diggers" anglais, ces paysans du XVIIe siècle, menés par Gerrard Winstanley qui avaient repris les terres seigneuriales pour les cultiver en commun. Les Diggers de San Franciso, issus de la San Francisco Mime Troup qui, dans son théâtre de rue subversif, mettait en scène son arrestation par la police, sont actifs entre 1966 et la fin des années 60 dans le quartier Haight Ashbury en pleine vague « flower power » et « peace and love » à l'époque où enfle la contestation contre la guerre du Vietnam et la révolte noire des « blacks panthers ».
S'ils partagent avec les hippies le goût des expérimentations psychédéliques, les diggers déplorent leur manque de conscience politique et sociale. Pour y remédier, les diggers veulent – selon leurs termes – créer un théâtre qui décrirait une société libre et gratuite en espérant ainsi éveiller les consciences et provoquer le mouvement social qui transformera cette fiction en réalité. « C’est gratuit parce que c’est à vous. » Leur théâtre libre qui met en scène dans la rue « l'enterrement de l'argent » est complété par des brochures de propagandes poétiques et par des distributions de repas gratuits, selon des modes d'action qui inspireront le mouvement « Food not Bombs ». Puis viennent les magasins gratuits qui complètent la réalisation d'une « philosophie du free », dont l'objectif avoué est de briser les chaînes de la nécessité capitaliste.
Avec l'épuisement du « flower-power », les premières les tentatives de récupération du mouvement et la pression de la police, les diggers changent de nom (collectif « free city ») puis se dispersent, tout en préservant leur esprit communautaire. Certains s'engageront dans l'action écologique et le bio-régionalisme, d'autres continueront sur la route, sur les planches, dans les villes ou les forêts, de mener leur existence libre, riche et inspirée. Comme le proclame un de leur tract :
« Notre humanité est une dignité à conquérir. C'est l'affaire de tous, et tous, c'est chacun. Nous ne voulons plus d'une société basée sur le travail et la production. Nous ne voulons pas non plus d'une société d'assistance. Nous voulons une société fondée sur l'entraide et l'autogestion. A nous de reprendre en main notre vie individuelle et collective. A nous de nous réapproprier les moyens matériels que les possesseurs des pouvoirs politiques, financiers et médiatiques nous ont volés : reprenons tout ! Notre désir est libre, la vie est gratuite, vivons nos rêves, soyons ce que nous sommes. Nous sommes vivants ! »
A noter que le roman autobiographique d’Emmett Grogan, Ringolevio a popularisé l'histoire des diggers dans la contre-culture américaine. A noter encore que le DVD du film accompagne le livre d’Alice Gaillard, Les Diggers, Révolution et contre-culture à San Francisco (1966-1968), paru en 2009 aux éditions l’Échapée.(Voir également ici un site consacré aux diggers américains)


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