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Conférences de Fabrice Epelboin

Regroupements d'extraits marquants des conférences données par Fabrice Epelboin à sciences po sur les enjeux liées aux nouvelles technologies. Dans « Éthique et TIC », Fabrice Epelboin explique comment IBM et la technologie des cartes perforées ont permis de livrer au régime Nazi la population juive des Pays Bas. En France, le régime Nazi n'a pas pu s'appuyer sur un semblable recensement mais l'état vichyste a confié à Bull l'informatisation du fichier juif français. « L'inventeur » du numéro Insee, René Carmille fera cependant capoter le projet tout en le payant de sa vie. Fabrice Epelboin évoque ensuite l'évolution de la gouvernance mondiale après la chute du mur de Berlin qui, sous l'influence des technologies, a aboutit à une véritable la société de la surveillance. La technologie se transforme pour servir le pouvoir. Les firmes privée Microsoft, Nocia, Cisco, Blue Coat, Qosmos pour la France avec le Deep Packet Inspection, vendent aux états les données recueillies sur les opposants.
Dans « Géopolitique des réseaux », Fabrice Epelboin explique la caractéristique du réseau internet et de son câblage sous-marin, qui à partir de la France et de l'Angleterre, dessert la plus grand partie du continent africain et du moyen-orient, plaçant ainsi l'état français en bonne position pour proposer « La surveillance comme un service » aux régimes plus ou moins « démocratique » de l'autre côté de la méditerranée. Dans ce domaine, les révélations d'Anonymous sur les sociétés de surveillance privée américaines, HBGary et Stratfor et leur implication dans un vaste programme de surveillance du monde arabe s'appuyant sur des acteurs comme Google indiquent quels peuvent être les enjeux de cette géopolitique des tubes.
Dans « Vidéo surveillance », avec l'exemple de la vidéo surveillance associée à la reconnaissance faciale, Fabrice Epelboin montre l'impact des technologies de « crunching » qui compilent et agencent les données privées, comme cela a été le cas lors des émeutes de Londres lorsque des groupes de « bons citoyens » se sont constitués pour mettre en œuvre la reconnaissance faciale permettant d'identifier les émeutiers. Les états ont évidemment des moyens beaucoup plus importants qui permettent d'identifier toutes les personnes d'une foule ou de stocker toutes les informations relatives aux déplacements d'un individu. Le code remplace une bonne partie du travail de police et sa mise en œuvre se déplace vers le secteur privée. Dans d'autre cas, c'est le FBI qui débute l'identification faciale massive des citoyen américains et va même jusqu'à identifier des « intentions ».
Dans « Tadem et prédictif », Fabrice Epelboin débute une réflexion sur l'interface homme/machine avec l'exemple de Paypal et l'évocation de « Palantir », cet outil de « big data » au potentiel quasi illimité, censé permettre aussi bien la lutte contre la fraude, que la prévention des émeutes, ou l'identification de la hiérarchie dans un groupe et qui a notamment été utilisé pour lutter contre la guérilla maoïste en Inde... mais qui pourrait servir à contrer n'importe quel mouvement politique ! L'approche automatique mise en œuvre en l'Europe avec le projet « Indect » qui permet de détecter automatiquement les menaces criminelles via le flux de données des caméras de vidéo surveillance ou le logiciel TrapWire aux États Unis, alimenté par un système de « reporting citoyen », nous emmène dans le domaine du prédictif et évoque la cauchemardesque dystopie de « Minority Report ».
Enfin, dans « Coder la vie privée », Fabrice Epelboin revient sur les fonctionnalités du logiciel Palantir et montre que les surveillants eux-mêmes sont traqués pour qu'ils ne soient pas tentés, comme Eward Snowden, de trahir le pouvoir.
Cette série de conférence est complétée par « Ethique & numérique », une autre conférence de Fabrice Epelboin dans laquelle il revient sur le rôle joué par la technologie des cartes perforées dans la mise en place de la solution finale nazi puis dans la mise en œuvre de l'apartheid en Afrique du sud. Il y explique que l'éthique n'est pas l'affaire des entreprises qui recherchent juste le profit. Il parle ensuite de l'extension de l'aviation civile à laquelle s'opposait les fermiers américain et de la modification du régime de propriété qu'il a entraîné. La technologie de l'aéronautique a dans ce cas changé la loi. La frontière entre démocraties et dictatures pour lui s'estompe en ce sens que tous ces régimes vont vers la société de surveillance. Il oppose le concept de neutralité du net au Deep Packet Inspection. Il interroge les rapport entre corpus législatif et technologie et plaide pour une relation entre les deux. Il évoque l'installation des comités d'éthique dans le domaine de la biologie et souhaite un système similaire pour le numérique.

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Éthique et TIC

Geopolitique des réseaux

vidéo-surveillance

Tandem et prédictif

Coder la vie privée

Ethique & numérique