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Page d'accueil > Matériel militant

Dernière mise à jour : 11 décembre 2011.

Sur cette page, vous trouverez :

- Une réflexion sur la crise financière, la poussée réactionnaire et le sentiment actuel d'impuissance généralisée

- Une réflexion sur les perspectives ouvertes par une contestation organisée à l’occasion des sommets du G8/G20 de 2011

- Une analyse de la mobilisation sociale européenne de fin 2010,

- Des tracts,(ajouts au 22 décembre 2010)

- les fameux scénarii pour la révolution,

- des images et slogans divers, pour la plupart tirés de l’ancienne version du site…



Crise financière, poussées réactionnaires et impuissance généralisée.

Nous avons rassemblé dans cet article quelques outils pour mieux comprendre la crise financière.

Tout d’abord, la très bonne série d’articles de Yovan Menkevick du site Reflets.info sur la crise financière :

Origines de la crise - Épisode 1: mais pourquoi, pourquoi, pourquoi…?

Origines de la crise - Épisode 2 : Tu l’a vu mon gros baril ?

Origines de la crise - Épisode 3 : I belieeeeve i caaaaan fly

Origines de la crise - Épisode 4 : Si tu recules je te dérégule…

Origines de la crise - Épisode 5 et fin : CDO et p’tites pépées…

A lire aussi en complément : Nooooon, m’enlève pas mon AAA ! et BCE, Italie, Grèce : les pyromanes prennent le pouvoir.

Pour faciliter leur lecture, nous nous sommes permis de condenser tous ces articles dans un fichier pdf à lire ici.

Sur le même thème, nous recommandons le film Inside Job réalisé en 2010 par Charles Ferguson et Narré par l'acteur Matt Damon, ainsi qu’une vidéo pédagogique sur la création monétaire : Comprendre la dette publique (en quelques minutes).

Comme il est dit à la fin du billet de Yovan Menkevick sur les origines de la crise :

"Si vous avez bien suivi toute l’histoire vous avez compris que ce qui est appelé « crise » n’en est pas une : c’est un système qui s’est mis en place sur plus de 40 ans, s’est développé, a gonflé et est arrivé aujourd’hui à son paroxysme. Le discours sur la crise des dettes souveraines est aussi débile que de se plaindre de grossir tout en se bourrant de confiseries du soir au matin. Ceux qui détiennent la dette française étaient non-résidents à 32% en 1993, ils sont à plus de 65% aujourd’hui. Ce sont des fonds de pension étatsuniens, des compagnies d’assurance, des grandes banques, des hedge funds. Nos créanciers sont simplement ceux qui ont bouffé la planète. Ils nous dirigent, et par-dessus le marché ils spéculent sur la dette qu’ils ont participé à créer. Notre problème est d’avoir une dette publique à 82% parce que les dirigeants ont « oublié » de taxer normalement les multinationales pendant 20 ans tout en les laissant optimiser leurs profits vers les paradis fiscaux. Notre problème est d’avoir permis à nos dirigeants politiques de vendre nos pays à la finance internationale, d’avoir laissé les multinationales mettre en coupe la planète et dicter leur loi aux Etats. Notre problème est d’avoir laissé se répandre des produits dérivés de crédit à grande échelle, de la spéculation à tous les niveaux (qui affame des peuples quand elle touche les matières premières agricoles), se constituer des monopoles privés de géants industriels plus puissants que les Etats eux-mêmes, l’évasion fiscale vers les paradis fiscaux (avec blanchiment d’argent) devenir la règle des puissants, la volatilité des cours des valeurs boursières par la titrisation se généraliser ."

Mais, si l’on cherche à dépasser ce constat amer, il faut reconnaître que la crise financière n'est qu'une conséquence normale du capitalisme et qu’elle ne doit pas nous faire oublier les autres crises – écologiques et énergétiques – qui s’annoncent.
Même si l’on parvenait à mettre au pas la finance, la dictature marchande continuerait de détruire la planète, d'accroître les inégalités et de propager la misère. Il faut également admettre que la mise à sac des économies nationales par les prédateurs privées, favorisée par la complicité active des institutions financières internationales, avait déjà débuté dans les pays pauvres du sud avant de s’étendre à la forteresse Europe.
Cela ne signifie pas que le combat contre la finance soit vain. Sous prétexte de radicalisme, Il ne faudrait pas systématiquement railler les formes de protestations qui paraissent encore trop timorées ou tenir pour nulles les propositions qui ne remettent pas globalement en cause le capitalisme, mais qui visent simplement à limiter ses ravages. Par exemple les projets de taxations des transactions financières et de taxations des paradis fiscaux ou encore la réglementation des marchés financiers, la socialisation des banques, la renégociation des dettes...

D’abord parce qu’il faut encourager toutes les luttes et toutes les initiatives qui aboutiront directement à améliorer les conditions d’existences du plus grand nombre et qui surtout réduiront la tension de la chaîne qui le lie au capital. Rallonger la longueur de la chaîne, ne signifie pas la briser, mais permet au moins une plus grande liberté d’action.

Ensuite, si de vastes mouvements populaires (nationaux, européens, occidentaux, intercontinentaux ?) parvenaient à imposer quelques-unes de ces mesures de bon sens (que quelques camarades plus radicaux considèreront comme des béquilles prolongeant la marche du capital), il pourrait en résulter un regain de confiance dans l’action collective qui permettrait d’envisager de nouvelles luttes.

Il nous semble important de sortir de ce sentiment d’impuissance qui nous submerge, non pas en s’engageant n’importe comment pour n’importe quoi, mais en visant, dans un premier temps, des victoires modestes mais concrètes.

A la fin de son article sur les origines de la crise, Yovan Menkevick envisage avec humour quelques évolutions possibles. … Il est vrai que l’on peut rêver à un abandon local puis généralisé du capitalisme et à la création de millions de foyers agro-industriels autogérés et auto-suffisants comme dans Bolo’Bolo... Mais on peut également soutenir que la solution passera une union internationale des citoyens et des travailleurs qui dépasse l'indignation, et qui parvienne à faire plier les gouvernements et les firmes par la grève générale et les occupations généralisées, pour socialiser la finance et les banques, taxer les paradis fiscaux et les transactions financière et aboutir à une sorte de « sociale-démocratie » intercontinentale. Ces deux perspectives ne sont d’ailleurs pas antinomiques. Dans la préface qu’il a rajoutée à Bolo’Bolo en 1998, PM envisage de manière pragmatique le maintien d’une certaine dose de « capitalisme » et de « social-démocratie », au sein d’une société qui aurait globalement rompue avec la dictature marchande. Selon lui, les luttes pour y parvenir se situent nécessairement à plusieurs niveaux :

Quoi qu’il en soit, l’alternative au Capital sera le fruit des luttes du prolétariat, toujours en plus grand nombre sur cette planète, et non celui des planificateurs alternatifs. On ne peut imaginer un mouvement furieux de construction des douze millions de bolos qui renverserait le pouvoir du Capital. Les luttes se développent en même temps sur tous les niveaux, dans les voisinages ou villages, au niveau national, contre les organisations internationales comme le FMI, ou des entreprises multinationales. Elles assument des formes sociales, syndicales, politiques, culturelles.

C’est ce pragmatisme et cette « souplesse » qu’il faut favoriser si l’on veut éviter une autre issue possible (probable ?) à la crise : l’instauration de dictatures policières et sécuritaires, abolissant les libertés publiques en propageant la peur de l’étranger ou du marginal, réprimant férocement les luttes sociales et préparant l’avènement d’un état véritablement totalitaire qui planifierait l’élimination ou l’emprisonnement de 80% de la population mondiale dans les zones polluées, instaurerait une surveillance absolue des 19 % plus favorisés qui conserveraient une vie décente matériellement mais aucune liberté et assurerait le délices de l’élite des 1%.

Cette funeste évolution est à craindre si l’on considère l’offensive réactionnaire actuellement en cours pour détourner la colère des peuples. Cette offensive se manifeste notamment par les poussées électoralistes des extrêmes droites, soudainement jugées fréquentables par les médias de masse, qui relaient d’ailleurs à longueur de journée leurs phobies sécuritaires et leurs crispations identitaires. Un des principaux objectifs de cette offensive est de présenter un ennemi de substitution – l’immigré, l’assisté, l’intégriste – pour faire oublier que le véritable ennemi est le capitalisme. Parfois, le discours réactionnaire se laissera aller à stigmatiser « le méchant trader » ou « le méchant banquier » (de préférence juif et apatride) mais préfèrera toujours exhiber un étranger assisté ou un pédophile récidiviste. Un autre objectif de l’offensive réactionnaire consiste à faire oublier à la plus grande partie de la population son identité de prolétaire en lui imposant d’autres identités préfabriquées : nationales, religieuses, ethniques… On retrouve bien là les deux versants – sécuritaires et identitaires – de l’offensive réactionnaire qui est la meilleure alliée du capitalisme.
Parfois cette offensive adopte une stratégie plus douce d’atténuation ou de négation des conflits (On pourrait faire rentrer dans cette catégorie la promotion du film « Intouchable1 » dont on lira de pertinentes critiques ici et ). Elle n’en est pas moins nocive.
La lutte contre l’offensive réactionnaire est importante et elle réclame de bons arguments. Elle se mène elle aussi sur de multiples fronts.

Cette lutte pourtant nous parait secondaire. La lutte la plus importante doit être une lutte positive, une lutte qui face reculer la dictature marchande et qui atténue ses méfaits, une lutte dont les victoires seraient les meilleures réponses aux mensonges réactionnaires.

Esprit68, décembre 2011.

1Le cinéma dans sa globalité, au même titre que les autres médias de masse, participe à la falsification du réel et à la diffusion du mensonge généralisé pour le compte de la machine capitaliste mondialisée. En ces temps troublés, il contribue à l’offensive réactionnaire en cours, pour nous distraire des questions que devraient susciter l’enchaînement des catastrophes financière, sociale, écologique, énergétique et climatique. Pour en revenir à « Intouchable », c’est nous – membres du prolétariat européen – qui devons être comparés au tétraplégique impuissant qui a besoin d’être assisté et amusé, non pas par le black de banlieue, mais par le spectacle marchand. La seule différence, c’est que nous ne sommes paralysés que dans nos têtes. En fait nous pouvons nous relever, même si ça demande un effort énorme de volonté.
Si tout le monde croit que la terre est plate, alors effectivement, tout se passe – provisoirement – comme si la terre était plate. Si tout le monde pense qu’il faut rembourser la dette et que le capitalisme est la seule alternative, alors effectivement, la dette et le capitalisme deviennent des contraintes incontournables.
Mais, à plus ou moins brève échéance, la réalité se venge. Le temps vient où un navigateur parvient à faire le tour de la terre et, de même, on se rend finalement compte que la dette ne peut mathématiquement pas être remboursée, que les capitaux créés à partir des produits financiers dérivés ne correspondent à rien de réel, que le pétrole est bientôt épuisé, que le climat est déréglé, que les sols sont contaminés et stérilisés par l’industrie agro-alimentaire, que la contamination radioactive est généralisée. Il faudrait donc parvenir à se lever de notre fauteuil roulant, avant que la réalité ne nous y contraigne. Pour en revenir à la métaphore du handicap, dans le film "Avatar", le héros abandonne son fauteuil roulant en refusant le chantage autoritaire-marchand, mais en acceptant d'abandonner son ancienne vie et même son ancien corps. Malheureusement, dans la vraie vie, le spectateur quitte le "fauteuil" de la salle de cinéma, et vaque à ses habituelles activités consommatrices, comme si James Cameron, après nous avoir permis de nous identifier à son héros, nous faisait éprouver la honte de notre lâcheté et de notre trahison.
Mais attention, il faut changer prudemment, car un changement trop brutal conduit à la mort, à la rue, à la prison ou à l'hôpital psychiatrique. Il ne faut pas voir non plus le changement comme une contrainte masochiste. Si nous changeons, c’est aussi pour être plus heureux et plus libre – quoi que l’on entende par là – dans la vraie vie. (retour au corps du texte).

Réflexion sur les perspectives ouvertes par une contestation organisée à l’occasion des sommets du G8/G20 de 2011 en France

La version courte de ce texte peut être imprimée ici et modifiée .

La version longue de ce texte peut être imprimée ici et modifiée .

Sommaire :

1) Pourquoi ce texte ?

2) Étendre la contestation au-delà des milieux militants et au-delà des frontières nationales

3) Prendre acte de la limitation des contestations du type « contre-sommet » et faire émerger un certains nombre de revendications d’un vaste mouvement populaire international.

4) S’inscrire dans une logique revendicative qui puisse éventuellement déboucher sur une transformation plus radicale de l’ordre mondial.

5) Défendre un certain nombre de buts généraux et fédérateurs.

6) Repenser les moyens de la contestation et les coordonner internationalement.

7) Établir le calendrier des luttes.



1) Pourquoi ce texte ?

De novembre 2010 à novembre 2011, la France se voit confier la présidence du G8 et du G20, ces groupements des dirigeants des pays les plus industrialisés et des pays dits « émergents » censés gérer conjointement l’ordre économique mondial. La présidence française se terminera avec le sommet du G20 organisé dans la ville de Cannes les 3 et 4 novembre 2011. Auparavant un sommet du G8 sera organisé à Deauville les 26 et 27 mai 2011.
Ce texte présente quelques réflexions, dans la lignée de « l’appel de Dijon », sur les perspectives ouvertes par le vaste mouvement de contestation sociale que nous voudrions voir se développer à l’occasion de ces sommets et sur la manière de les faire déboucher sur des avancées concrètes.

Ce texte s’appuie sur certains partis pris théoriques qui ne seront peut-être pas largement partagés. Ces parti-pris ne sont cependant pas indispensables aux actions concrètes ici proposées, même s’ils peuvent contribuer à les justifier. C’est la raison pour laquelle ils sont isolés dans des paragraphes intitulés « extensions/précisions » et affichés avec une police de taille inférieure à celle du texte principal.



2) Étendre la contestation au-delà des milieux militants et au-delà des frontières nationales

Le souhait ici émis est que ce mouvement de contestation dépasse le cadre des milieux « militants » et des habituels « contre-sommets », qu’il déborde le territoire français et qu’il s’étende au-delà des frontières pour susciter des actions internationales, massives et coordonnées.
Reposant sur une base populaire et revendicative, la contestation, telle que nous l’envisageons, visera, dans un premier temps, à imposer une meilleure répartition des richesses et à engager une reconquête démocratique et sociale ; mais elle pourra déboucher, dans un second temps, sur une transformation plus profonde de l’ordre mondial.

- Initié dans un contexte français, le mouvement pourra commémorer la révolte contre la prétendue réforme des retraites débutée un an plus tôt, en lui associant d’autres revendications révélant son véritable sens, celui d’une lutte contre la dictature de l’économie et contre la rapacité des puissances de l’argent.

- Étendu au contexte européen, le mouvement fédèrera les luttes contre les politiques de rigueur et de casse sociale perpétrées en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Irlande, en Grande Bretagne et dans tous les autres pays européens.

- Élargi au contexte mondial, il devra conduire à une amélioration concrète de la situation des principales victimes de la mondialisation capitaliste, marquera le recul de la dictature marchande et une prise de conscience planétaire en vue d’une redistribution des pouvoirs et des richesses et d’un coup d’arrêt porté à la destruction des ressources et des habitats.

Le mouvement imposera enfin l’idée que les diverses luttes en France, en Europe et sur tous les autres continents, ne sont qu’une seule et même lutte contre la marchandisation croissante du monde et de nos vies.
Mouvement de contestation de l’ordre existant dans ce qu’il a de plus injuste, de plus oppressant et de plus destructeur, il devra déboucher sur un programme de transformation sociale et aboutir à une amélioration concrète des conditions d’existence, à une diminution des contraintes et un rétablissement de la dignité pour le plus grand nombre.

Extension/précision 1 : La notion de prolétariat aujourd’hui.

« Pour le plus grand nombre », c’est à dire pour l’ensemble des prolétaires. Nous désignons par le terme « prolétaires », les dépossédés et les exploités du système capitaliste sur tous les continents et au sein de toutes les catégories sociales : Paysans pauvres, travailleurs salariés de tous les secteurs, assujettis de tout sexe et de tout âge, retraités, chômeurs, migrants, et tous ceux qui tentent d’organiser leur vie en dehors de la société marchande.
Ces prolétaires du monde entier, aux revenus et aux conditions de vie en apparences très dissemblables, partagent en réalité un destin commun : la dictature marchande leur ôte pareillement les moyens de mener librement leur vie, les contraints pareillement au travail exploité ou à l’inactivité, les oblige à divers mode de consommation, de transports et d’habitat tout en contaminant leur nourriture et leur environnement, les affame, les emprisonne, les oblige à lutter les uns contre les autres sur les terrains militaire ou économique, les massacre, les exile ou les expulse selon les nécessités de ses stratégies, détruit enfin leur futur et celui de leurs enfants tout en faisant peser sur eux la menace d’un anéantissement généralisé et immédiat.
Les prolétaires se définissent par le manque qui leur est imposé. Ils sont d’abord des « sans » : des sans voix, des sans terre, des sans logis, des sans soins, des sans papiers, des sans travail, des sans ressources, des sans avenir. Mais ils sont aussi ceux dont la voix, la terre, le logis, les soins, le travail, les ressources, l’identité, les savoirs, l’avenir, ont été partiellement ou totalement confisqués, récupérés, travestis, contaminés, anéantis.

Le mouvement de contestation de l’ordre injuste existant, entrepris par et pour le plus grand nombre (par et pour les prolétaires si l’on accepte l’extension 1), aura également l’intérêt de montrer qu’en dehors des échéances « électorales » nationales ou supra-nationales, la mobilisation populaire généralisée peut imposer les changements justes et nécessaires, avant même de servir les intérêts d’une caste politique particulière.



3) Prendre acte de la limitation des contestations du type « contre-sommet » et faire émerger un certains nombre de revendications d’un vaste mouvement populaire international.

Dans sa composante territoriale française, le mouvement ne devra pas se limiter à des actions sur les lieux des sommets. La contestation de type « contre-sommet » ne mobilise en effet qu’un certain milieu militant et n’a pas d’autre effet que de fournir le spectacle du refus, de la résistance et de la révolte. Ce spectacle n’est pas dénué d’intérêt puisqu’il concurrence le spectacle du marché triomphant orchestré par les médias de masse inféodés au pouvoir économique, mais il est insuffisant en ce qu’il ne débouche pas sur une perspective concrète de changement.

Extension/précision 2 : Les seules perspectives concrètes offertes par la contestation sur les lieux du sommet.

La seule circonstance qui pourrait faire déboucher une contestation de ce type sur une avancée concrète, serait la radicalité et l’audace de l’action entreprise : par exemple la séquestration des dirigeants présents à Cannes. Mais cette séquestration, outre qu’elle nécessiterait de considérables moyens – une organisation et des compétences de type militaire, que seule une police d’état serait en mesure de mettre en œuvre – ne pourrait déboucher au mieux que sur un ensemble de revendications plus ou moins réalistes, précises et cohérentes :

- accès aux biens les plus fondamentaux pour tous et sur tous les continents (dans quelles conditions, avec quels moyens, mis en œuvre par qui ?),

- démantèlement de l’armement nucléaire mondial, désarmement généralisé (sous quelle autorité ?),

- contrôle des institutions financières, taxation des profits et transactions monétaires (par qui et au profit de qui ?),

- annulation généralisée des dettes publiques et privées (totale, partielle, selon quel mécanisme ?)

- démantèlement des firmes transnationales, constitution de « biens publics mondiaux », socialisation de certains biens et moyens de production (selon quelles modalités, à quel niveau ?),

- garantie de l’indépendance des médias de masse (comment ?),

- restitution des acquis sociaux supprimés dans les pays riches et émergents, alignement progressif sur ces acquis dans les pays pauvres (avec quels moyens ?)…

Ces revendications ne seraient pas dans tous les cas inopportunes, mais formulées par un quelconque groupe militant, à la suite d’une action violente, elles auraient un caractère partiel et une faible légitimité. Nombre d’entre-elles ne pourraient s’adresser qu’à une autorité mondiale inexistante et si, par extraordinaire, les états membres du G20 feignaient de les reprendre à leur compte, ils pourraient tout aussi bien les remettre en cause une fois la situation de crise dénouée.

Une meilleure solution parait donc, à l’occasion du sommet et de sa préparation, de faire émerger un ensemble de revendications d’un vaste mouvement populaire international, afin d’en asseoir la légitimité et d’en imposer sur le long terme la réalisation.



4) S’inscrire dans une logique revendicative qui puisse éventuellement déboucher sur une transformation plus radicale de l’ordre mondial.

Une revendication, quelle que soit sa nature suppose une « autorité », un centre de pouvoir, susceptible d’y donner droit ou de s’y soumettre. Dans notre monde, ces autorités, ces centres de pouvoir, sont les états, les groupements d’états, les institutions internationales mais aussi les institutions financières et les firmes transnationales.
Faire reposer la perspective de changement social sur des « revendications » impose donc de collaborer avec ces centres de pouvoir, d’accepter, au moins pour certains d’entre eux, leur légitimité, sinon leur permanence, alors que, peut-être, la nature des revendications émises exigerait leur dissolution.

Telle est la limite de toute action revendicative.

Comme par le passé, la contestation de l’ordre destructeur, injuste et irrationnel existant peut aujourd’hui passer par deux grandes voies :

- la voie « revendicative »

- la voie « alternative »

Extension/précision 3 : La distinction que nous faisons entre ces deux voies recoupe approximativement la distinction ordinairement opérée entre « réforme » et « révolution ».

La voie « revendicative » telle que nous la concevons, ne vise pas à abolir l’ordre existant mais à le rendre supportable, en imposant différentes réformes qui atténueront ses principales nuisances : par la redistribution monétaire, par l’institution de normes sociales et environnementales, par la création ou le renforcement de services publics. Elle peut être conduite dans les cadres légaux et institutionnels existants et ne réclame pas une dissolution des centres de pouvoir. Elle ne s’attaque pas aux causes de l’inégale répartition de richesses et de pouvoirs et à l’injustice et à l’irresponsabilité qui en résulte – en redistribuant par exemple les moyens de production privativement accaparés, ou en interdisant les possibilités illimitées d’appropriation monétaire – mais corrige après coup ces inconvénients.
La voie « alternative » recherche le remplacement de l’ordre existant par un nouvel ordre. Elle s’attaque davantage aux causes de l’injustice et de la misère. Nous hésitions cependant à la qualifier de « révolutionnaire » car elle ne passe pas nécessairement par une action violente et par une « prise de pouvoir ». La création de communes productives échangeant sur une base non monétaire au sein d’un territoire donné, constituerait une illustration de la voie « alternative ». Il faudrait cependant remarquer qu’un tel groupement de communes n’aurait pas « pris le pouvoir » mais ce serait « soustrait au pouvoir » de la dictature marchande et aurait dû préalablement arracher les moyens de son autonomie.
Lorsque nous évoquons la « transformation plus radicale de l’ordre mondial », à laquelle pourrait mener la voie « alternative », nous songeons notamment à l’abolition des principes même de l’exploitation capitaliste au premier rang desquels la capacité illimitée d’appropriation privative qu’elle autorise, et à l’abolition de la division du monde en états-nations, garants de cette exploitation. Poussée à son terme, la voie alternative telle que nous la concevons, aboutirait au remplacement du capitalisme par une démocratie productive au sein de laquelle les anciens prolétaires, librement regroupés, décideraient démocratiquement dans leurs divers habitats de ce qu’ils veulent produire et de la peine et des ressources qu’ils souhaitent consacrer à cette production. Cette démocratie productive reposerait sur un certain nombre de principes éthiques, visant par exemple à faire supporter par chaque groupement de producteurs les conséquences écologiques de leur production.
Certaines actions, comme une « réforme » agraire ou un programme de nationalisation (ou de socialisation infra ou supra nationale) peuvent se situer à mi-chemin entre la voie revendicative (ou réformiste) et la voie alternative (ou révolutionnaire) en ce qu’elles ne remettent en cause – plus ou moins superficiellement – qu’un secteur particulier de l’ordre existant.

Selon les époques, les perspectives ouvertes par ces deux voies et les avancées qu’elles ont permis d’obtenir ont évolué.

Extension/précision 4 : fortune et actualité des voies revendicative et alternative.

La voie « revendicative », s’appuyant principalement sur le mouvement ouvrier au cours des deux siècles passés, a débouché sur des réformes sociales qui furent inscrites dans les législations nationales : droit du travail, salaire minimum, réduction du temps de travail, congés payés, sécurité sociale, retraite… Ces conquêtes ont permis d’améliorer massivement les conditions d’existence. Elles n’ont cependant pas remis en cause le principe même de l’exploitation capitaliste. Elles n’ont pas débouché sur la réappropriation par les travailleurs de leur outil de travail et n’ont principalement concerné que des puissances coloniales qui transféraient sur leurs colonies ou sur les territoires à eux assujettis, les plus durs aspects de l’exploitation. Le mouvement de décolonisation engagé dans la seconde partie du 20ième siècle n’a pas profondément changé cette situation, les anciens pays colonisés demeurant économiquement assujettis aux anciens pays colonisateurs et n’ayant pas les moyens de financer leurs propres conquêtes sociales.
La voie « alternative » a débouché au vingtième siècle sur un certain nombre de révolutions politiques aboutissant à l’instauration d’états dits « communistes » qui procédèrent à une collectivisation des moyens de production. Ces révolutions ne dépassèrent cependant pas les cadres nationaux ou « impériaux » dans le cas de l’URSS et de la Chine Populaire. Elles n’aboutirent pas à l’émergence de sociétés sans classe mais portèrent au contraire une caste bureaucratique au pouvoir. Elles ne conférèrent pas aux travailleurs le contrôle des moyens de production et la faculté de mener librement leur vie. A compter de la fin du vingtième siècle, les états autrefois prétendument communismes, ont finalement adhéré au capitalisme le plus débridé ou sont devenus de simples dictatures familiales.
Aujourd’hui, alors que la dictature marchande, s’appuyant sur les états qui la garantissent, par ses moyens industriels et technologiques, perpétue à l’échelle planétaire des nuisances d’une ampleur et d’une gravité encore jamais observées - menace d’anéantissement nucléaire, chimique ou bactériologique, pollutions multiples, destruction des ressources et de la bio-diversité, altération du climat, perpétuation des foyers de misères extrêmes, guerres, destructions des habitats traditionnels, exodes massifs, augmentation des inégalités, atteintes aux libertés et servitudes technologiquement assistées – les deux voie de la transformation sociale telle qu’elles ont été traditionnellement mise en œuvre s’avèrent inopérantes :
La mondialisation croissante de l’économie a considérablement réduit l’efficacité d’un réformisme exercé dans un cadre national. Les états tirent les moyens de leur politique sociale des profits générés sur leur territoire. Or une politique sociale favorable au plus grand nombre, en renchérissant le coût du travail, réduit les perspectives de profits immédiats. Les firmes délocalisent leur production sur les territoires où la main-d’œuvre est la moins coûteuse et où les contraintes sociales et environnementales sont les plus faibles. L’augmentation généralisée des dettes publiques contraint par ailleurs les états à brader leur secteur public et les rend dépendant d’une croissance économique, qui, sans répondre au besoins les plus fondamentaux – un milliard d’êtres humains ne mangent pas à leur faim – accélèrent la destruction des ressources et de l’environnement tout en favorisant une marchandisation croissante du monde et de la vie, contraire à l’éthique et à la dignité humaine.
La délocalisation et la complexification des processus de production ôtent pareillement des moyens à la lutte révolutionnaire. Il n’existe plus une classe ouvrière qui, partout sur la planète, puisse s’emparer des usines et produire pour son propre compte des biens immédiatement utiles et échangeables. La production agricole et l’élevage sont de même contrôlés par une industrie agro-alimentaire qui a favorisé la monoculture, appauvri et contaminé sols et semences, rendant plus difficile l’autosuffisance alimentaire sur un territoire donné et faisant dépendre davantage de l’échange marchand.

Aujourd’hui, la voie « revendicative » ne peut plus être conduite dans un contexte national. Ce n’est qu’à l’échelle transnationale, que le plus grand nombre pourra espérer obtenir une amélioration de sa situation. Les réformes doivent donc être portées par une coordination internationale des luttes, par exemple pour obtenir le développement de droits sociaux intercontinentaux opposables aux états, imposer la constitution de biens publics mondiaux, exiger le démantèlement des firmes transnationales et la socialisation de leurs activités.
La voie « alternative » contemporaine, quant à elle, ne doit plus principalement viser la prise de pouvoir étatique qui serait aussi inopérante que le réformisme « dans un seul pays ». Elle passe plutôt par une réappropriation des espaces, des ressources et des savoirs permettant de construire des alternatives à la production marchande.

Dans le mouvement de contestation à venir, nous voudrions suggérer de concilier, au moins provisoirement, ces deux voies, tout en les adaptant à l’évolution de la société mondiale.

Afin de concilier la voie « revendicative » avec la voie « alternative », les revendications qui émergeront du mouvement de contestation ne devront pas faire obstacle à une transformation plus complète de l’ordre mondial. Ces revendications, qui visent à arracher quelques libertés à la dictature marchande et à atténuer les méfaits dont elle s’est jusqu’à présent rendue coupable, ne devront pas conduire à renforcer directement ou indirectement cette dictature.

Cela signifie qu’un certain nombre de revendication sont à proscrire et notamment toutes celles qui en appellent à « la relance de l’économie ».

Extension/précision 5 : Exemple de revendications à proscrire..

A titre d’exemple, les principales revendications de la Confédération européenne des syndicats ne peuvent être défendues en l’état. Les slogans de « l’euro-manifestation » du 29 septembre 2010 à Bruxelles, organisée par les principaux syndicats européens contre les politiques d’austérité en Europe et réclamant la « priorité à l’emploi et à la croissance » nous paraissent à cet égard tragiquement inopportuns.

Donner la priorité à l’emploi, avant même de s’interroger sur l’utilité sociale des emplois créés, conduit à admettre que l’emploi doit être le plus souvent et pour le plus grand nombre, la principale source de subsistance. Cette « revendication » conduit en réalité à soumettre plus longtemps et plus sévèrement la population à l’emploi, et donc à l’exploitation des firmes capitalistes. C’est encore ce type de « priorité » qui conduit les écoles et les universités à œuvrer, non plus prioritairement à la formation citoyenne mais à l’employabilité des individus – c’est-à-dire à leur adaptabilité aux besoins des firmes – et à remettre en cause tout ce qui pourrait compliquer cette employabilité ou alourdir son coût (droits sociaux, salaires trop élevés, cotisations sociales…)

Donner la priorité à la croissance sans plus s’interroger sur ses conséquences écologiques, sur l’utilité des biens et des services produits et sur leur juste répartition, revient à soumettre encore davantage nos vies aux forces aveugles et destructrices du marché. De même, favoriser la « croissance » incite inévitablement à réduire les charges qui pèsent sur les entreprises et donc les moyens des politiques sociales tout en exigeant parallèlement plus de productivité des salariés.

Il ne faut pas réclamer la croissance économique, c’est à dire une plus grande production de biens marchands, mais imposer une meilleure répartition des richesses déjà produites et un choix plus démocratique des richesses à produire.

Il ne faut pas réclamer « plus d’emploi », mais exiger une définition socialement concertée des besoins devant être prioritairement satisfaits et des compétences, du travail et des ressources que requiert cette satisfaction.

Il ne faut pas revendiquer « plus de pouvoir d’achat », mais plus de gratuité, par l’organisation de services publics gratuits dans le domaine des transports, de la santé, de l’éducation, et par la fourniture inconditionnelle et généralisée des biens les plus essentiels à une existence dignement vécue (nourriture, logement, énergie etc.).

Extension/précision 6 : La récession est souhaitable.

Le mouvement de contestation doit accepter l’idée d’une récession économique européenne, prélude à une récession économique à l’échelle planétaire. Cette récession économique, absolument indispensable d’un point de vue écologique, est tout aussi souhaitable d’un point de vue humain. Ce point mérite quelques explications : Jusqu’à présent, les périodes de récession ont coïncidé avec une aggravation de la misère. Ce n’est pourtant pas une fatalité si la récession, c’est à dire concrètement la diminution du Produit Intérieur Brut, s’accompagne d’une redistribution des richesses déjà produites et d’un choix socialement concerté des nouvelles richesses à produire. Dans le domaine de l’alimentation, du logement ou de l’énergie par exemple, la dictature du marché interdit la satisfaction de nombreux besoins qui pourraient être facilement comblés, si le travail était réorienté sur ce qui est socialement utile et si les biens déjà produits étaient répartis conformément à l’intérêt général. Cette démocratisation croissante de la sphère productive, devra naturellement s’accompagner d’une relocalisation des activités de production.



5) Défendre un certain nombre de buts généraux et fédérateurs.

La relance de l’économie, envisagée par certains, n’est qu’un mauvais moyen pour atteindre un but plus général : l’amélioration des conditions d’existence pour le plus grand nombre. C’est à cette fin qu’il faut s’attacher et non pas faire prévaloir sur elle des moyens qui finalement la contredisent.

Extension/précision 7 : Il n’est pas inutile de préciser ce qu’implique pour nous l’amélioration généralisée des conditions d’existence.

Elle doit d’abord concerner la couverture des besoins les plus fondamentaux. Il ne s’agit pas de promettre le bonheur pour tous, mais de faire en sorte que les conditions d’un possible bonheur soient garanties pour le plus grand nombre. Parmi ces conditions il faut compter l’accès généralisé à un certains nombre de biens indispensables à l’existence dignement vécue de tout être humain : nourriture, eau potable, logement décent, énergie, santé, instruction etc… Cet objectif requiert des moyens qui doivent être localement définis. Pour le garantir, certains territoires devront développer leurs infrastructures, organiser leur autosuffisance alimentaire, développer leurs réseaux d’eau, d’énergie, de transports, de communication etc… D’autres territoires plus favorisés, devront améliorer l’accès à des biens déjà disponibles mais soustraits au plus grand nombre par les mécanismes pervers du marché – logement, santé, éducation, etc. – s’il le faut en imposant leur gratuité.

L’amélioration généralisée des conditions d’existence passe ensuite par la réduction des périls qui pèsent sur le monde et sur son avenir. Il s’agit de garantir l’accès aux biens essentiels sur le long terme, en nous préservant des catastrophes écologiques. Les risques les plus graves auxquels nous sommes soumis et qu’il convient de réduire ou d’éradiquer sont notamment : les risques d’anéantissement nucléaire, de contamination bactériologiques, de pollution chimique ou nucléaire, d’épuisement des ressources, de stérilisation des sols, de destruction de la biodiversité, d’altération du climat, de dissémination d’organismes génétiquement modifiés.
Les moyens de réduire ces risques sont : le désarmement généralisé, l’arrêt de la surproduction de biens inutiles et polluants, la généralisation de l’agriculture biologique, l’abandon de l’élevage industriel, le développement des énergies renouvelables, la relocalisation des activités productives, le démantèlement des firmes altérant les mécanismes du vivant dans un but lucratif.

L’amélioration des conditions d’existence passe encore par une réduction des contraintes qui pèsent sur le plus grand nombre, c'est-à-dire principalement par une diminution de l’emprise autoritaire des principaux centres de pouvoir – polices, armées, églises, maffias, firmes, banques – et des menaces d’enlèvement, d’emprisonnement, de torture, d’assassinat, de racket, d’agression, qu’il font peser sur le plus grand nombre. Elle réclame la liberté de circulation, la liberté d’expression, la liberté de mener sa vie conformément à ses aspirations religieuses, culturelles, artistiques dès lors que ces aspirations ne menacent pas la liberté et le bonheur d’autrui.
De même la réduction des contraintes impose de rompre avec l’obligation qui est faite aux prolétaires, de mener une vie qu’ils n’ont pas choisi, de se soumettre à un travail qu’ils n’ont pas choisi, exercé dans les conditions qui ne leur conviennent pas et qui n’est souvent pas ou peu utile socialement mais au contraire destructeur des ressources et de l’environnement.

L’amélioration généralisée des conditions d’existence passe enfin par une meilleure répartition des richesses. Le fait que les deux cent êtres humains les plus riches disposent des mêmes richesses que les 2 milliards les plus pauvres, ne constitue pas seulement une injustice révoltante, c’est un fait irrationnel et incompatible avec le bonheur du plus grand nombre. Il faut y remédier par une limitation des possibilités d’appropriation privative individuelle. De même l’inégalité des situations entre les travailleurs des différents états génère une concurrence destructrice, une guerre économique dont seuls leurs exploiteurs sont bénéficiaires. Les travailleurs européens ont intérêt à ce que la situation des travailleurs chinois ou indiens s’améliore et doivent lutter avec eux pour obtenir un alignement intercontinental des droits économiques et sociaux.

L’amélioration généralisée des conditions d’existences impose au contraire d’unifier les luttes menées sur tous les continents, dans une contestation des dictats de l’économie capitaliste mondialisée, puisque c’est cette économie qui est aujourd’hui à l’origine :

de la mauvaise couverture des besoins les plus fondamentaux pour une part très importante de la population mondiale,

du saccage écologique et du pillage des ressources,

de la destruction généralisée des services publics,

de l’augmentation de la durée et de la pénibilité du travail, du recul des droits sociaux,

de l’accroissement des inégalités entre les êtres humains, aboutissant, d’une part, à des concentrations irrationnelles et dangereuses de richesses et de pouvoirs, d’autre part à la frustration, au désespoir, et à la colère de la masse des plus déshérités, enfin à la violence qui s’ensuit et à la généralisation des contraintes sécuritaires indispensables à la sauvegarde de cet ordre inégalitaire.

Extension/précision 8 : Il serait sans doute nécessaire de pousser la réflexion théorique pour déterminer en quoi précisément l’économie capitaliste mondialisée contredit nécessairement l’intérêt du plus grand nombre. Ce texte ne se prête malheureusement pas à un tel développement que du reste nous ne nous pensons pas capable de produire. Nous pouvons simplement avancer un peu confusément que le système économique actuel est nécessairement néfaste, car il repose sur un ensemble de spoliations historiques initiales qui entraînent un échange nécessairement inégalitaire. Les possibilités illimitées d’appropriation privatives qu’il autorise accroissent encore l’inégalité de l’échange et conduisent à mobiliser les ressources et les moyens non pas pour répondre aux demandes les plus urgentes du plus grand nombre, mais pour répondre à la demande solvable de la catégorie des privilégiés. Le principal moyen de l’échange capitaliste, la monnaie, n’informe pas convenablement les producteurs et les consommateurs des conséquences communautaires de la production et de la consommation des biens. Le processus de valorisation capitaliste, la pratique du prêt avec intérêt et l’équivalence monétaire abstraite établie entre tous les biens conduisent enfin à une exploitation des habitats incompatible avec leur sauvegarde, tout en contredisant les principes éthiques qui devraient régir leur occupation (et notamment le fait que les inconvénients d’une production ne sont pas supportés par ceux qui en sont les bénéficiaires).

Dans chaque pays, les revendications devront être contextualisées. Elles pourront prendre appui sur des luttes en cours ou sur des combats passés (par exemple, en France sur une réactualisation de la lutte contre la « réforme » des retraites », en Angleterre sur une réactualisation de la contestation contre l’augmentation des droits d’entrée à l’université, etc.) et devront unifier toutes les forces – syndicats, partis, collectifs – engagées dans ces luttes.

Extension/précision 9 : Nous proposons d’unifier sous le terme de « reconquête sociale européenne », les divers combats contre la dictature marchande entrepris sur le vieux continent. On pourrait par exemple parler de « la section française de la reconquête sociale européenne », en affirmant son rôle d’opposition aux forces destructrices du marché, sa volonté de développement des services publics et des droits sociaux et sa solidarité avec la lutte des travailleurs sur tous les continents.

La contestation de l’économie capitaliste mondialisée, localement déclinée, peut notamment conduire à réclamer :

- Toute mesure aboutissant à un partage de la valeur ajoutée globalement plus favorable au travail et moins favorable au profit : hausse des salaires et/ou diminution du temps de travail, amélioration des conditions de travail, augmentation des prestations sociales, extension et assouplissement de leurs conditions d’attribution (y compris de celle qui ne sont pas directement liées au travail) …

- Toute action permettant de satisfaire concrètement un besoin fondamental ou de donner l’accès à un bien fondamental : autonomisation alimentaire d’un territoire, acheminement d’eau ou d’énergie, construction de logements salubres, rénovation de logements et intégration de bidonvilles aux plans d’urbanisme, construction d’écoles et d’hôpitaux publics …
Les moyens nécessaires, engagés en dehors de toute perspective de profit, pourront être fournis par des collectivités publiques à quel que niveau que ce soit et financés par création monétaire. Ils peuvent également être déployés par des groupements communautaires suite à diverses formes de réquisitions populaires.

- Toute action de réappropriation sociale quels qu’en soient les modalités et les niveaux.

Du haut vers le bas,

au niveau mondial, par l’instauration de biens public mondiaux,

au niveau continental par la socialisation « européenne » ou « africaine » ou « sud-américaine », des transports, de la finance de l’énergie…

au niveau national par la « nationalisation » de telle ou telle firme…

…Ou du bas vers le haut,

par la reconnaissance d’un droit à la réappropriation des logements vides par les sans-logis, et la reconnaissance d’un droit à l’acquisition d’un bien, suite à l’usage, l’occupation et l’entretien prolongés pour les locataires ou les squatteurs,

par la reconnaissance d’un droit à la réappropriation des terres agricoles par les sans terre, et des facilités d’accès aux terres agricoles pour les urbains …

Les différentes formes de réappropriation doivent concerner les moyens de production, les habitats, mais également la libre diffusion de l’information et des savoirs (qui peut passer par le démantèlement des monopoles médiatiques, la socialisation des organismes de recherche etc.), le partage et la libre utilisation des savoir-faire et des techniques (qui peuvent passer par l’annulation des droits exclusifs conférés par le dépôt de brevets sur les médicaments par exemple).
L’annulation totale ou partielle des dettes publiques ou privées, la restitution des biens saisies pour non paiement d’une dette, peuvent également être considérées comme des formes de réappropriation. La publicité faite en fin d’année 2010 à la suggestion d’un ancien footballeur, ne doit pas faire oublier que la principale action à mener vis-à-vis des banques doit être non pas le retrait des dépôts bancaires – qui ne peut concerner que ceux qui ont des dépôts ! – mais plutôt l’exigence d’une annulation généralisée des dettes. La cessation de paiement doit être revendiquée comme une mesure juste et indispensable, car elle est essentiellement une cessation de paiement … aux plus riches ! La nationalisation des secteurs bancaires et financiers pourrait permettre de régler la question par un simple jeu d’écriture. Si le peuple s’empare véritablement de la richesse qui lui revient, il ne peut pas être endetté vis à vis de lui-même !

Extension/précision 10 : Nous pensons que pour assurer la survie de l’humanité, le 21ième siècle doit être le siècle de la réappropriation :

- Réappropriation du territoire confisqué par les états et les firmes,

- Réappropriation du langage et des désirs confisqués par les médias de masse et la publicité,

- Réappropriation de la spiritualité confisquée par les églises,

- Réappropriation des savoir-faire confisqués par la techno-science industrielle etc…

- Tout allègement des contraintes pesant sur la faculté de conduire son existence conformément aux choix et préférences individuels, dès lors que ces choix et préférences ne constituent pas un danger pour autrui ou pour l’environnement.
Cet allégement des contraintes impose de garantir la liberté de circulation (en exigeant notamment la destruction des barrières de séparation), la liberté d’installation, de réunion, d’association, d’expression, d’orientation sexuelle, et plus largement la libre expression des modes de vie et des comportements (lutte pour la liberté religieuse, l’abrogation de la censure, le droit des femmes…).
Ces libertés ne peuvent être cantonnées à l’intérieur des frontières nationales. Elles doivent valoir pour tous et en tous lieux. Corrélativement, leur sauvegarde impose de lutter contre les centres de pouvoir qui mettent en œuvre diverses formes de menaces, de répressions, de spoliations, d’entraves, d’expulsions, d’emprisonnements, de tortures, de mises à mort. Les revendications qui en découlent, concernent les libérations massives dans les prisons et les centres de détentions, l’abrogation de la torture, de la peine de mort, mais aussi la réduction du contrôle non sollicité des comportements et du recueil non sollicité d’informations par les centres de pouvoir (vidéosurveillance, contrôle Internet, recueil et conservation des données biométriques…).
Les libertés individuelles doivent être garanties de la même façon que les activités socialement ou écologiquement dangereuses doivent être réellement proscrites : Rejets toxiques et pollutions diverses, épuisements et stérilisation des sols, destructions des ressources, contaminations nucléaires, chimiques ou OGM...
Les interdictions doivent se situer le plus en amont possible pour ne pas générer de nouvelles contraintes individuelles (par exemple, plutôt que d’imposer un tri sélectif des emballages plastiques, il faut limiter en amont leur production). Elles ne requièrent pas obligatoirement de nouvelles normes légales, car les capacités de nuisance résultent souvent d’une concentration illégitime de moyens, qu’il faut d’abord s’attacher à combattre.
Dans l’attente de la nécessaire redistribution des richesses et des moyens qui est la véritable garantie de l’écologie, la mobilisation populaire peut exiger des moratoires ou des démantèlements à l’encontre d’installations industrielles dangereuses et/ou polluantes (par exemple à l’encontre des centrales nucléaires, des usines d’élevages industriels, des cultures d’OGM, des forages par fracturation hydraulique…).
Il convient donc de réclamer davantage de libertés pour les individus et davantage de contraintes pour les centres de pouvoirs ou du moins une réduction de leur capacité de nuisances qui va de pair avec une répartition plus équitable des moyens.

Enfin, puisqu’il est probable que le mouvement de contestation de la dictature marchande ne pourra pas se développer en respectant la légalité établie par et pour les principaux bénéficiaires de cette dictature, il faudra compter au nombre des revendications initiales une amnistie généralisée pour les délits commis à l’occasion des diverses actions revendicatives et de réappropriations…

Extension/précision 11 : Il est possible d’aller au-delà de la constitution d’une « legal-team » en ne fournissant pas seulement une assistance juridique aux militants interpellés, mais en instituant un véritable « tribunal social international » qui, après examen des situations individuelles, réclame la libération inconditionnelle de ceux qu’il aura reconnu comme des « prisonniers de la guerre sociale ». Ce statut pourrait être attribués sous certaines conditions aux militants emprisonnés (s’ils n’ont pas commis de violence à l’égard des civils et s’ils n’ont pas œuvrés pour une appropriation personnelle par exemple) et réclamer une protection similaire à celle accordée aux prisonniers de guerre. Au-delà il s’agirait de faire émerger une nouvelle légalité et d’imposer une nouvelle justice supranationale aux états et aux firmes. Cette justice ne serait pas uniquement « défensive » mais pourrait également être « offensive » et réclamer le démantèlement de telle ou telle firme, le partage de telle ou telle richesse ou la socialisation de telle ou telle ressource. Le tribunal ou l’assemblée qui la mettrait en œuvre pourrait être composé de représentants tirés au sort au sein des collectifs impliqués dans les diverses luttes et siégeant pour une période non renouvelable de 6 mois ou d’un an. Il sera sans doute délicat d’organiser cette représentation, d’établir le poids de ces diverses composantes régionales et sectorielles, mais l’histoire même du mouvement pourrait y aider.



6) Repenser les moyens de la contestation et les coordonner internationalement.

Afin d’atteindre une partie au moins des buts généraux qui fédèreront ses luttes, le mouvement de contestation anti-G20 peut utiliser :

- des moyens de pression, pour imposer aux centres de pouvoirs les diverses revendications exprimées,

- des moyens de réappropriation, pour reprendre aux centres de pouvoirs les moyens de mener librement nos vies.

La dictature économique contre laquelle toutes les luttes sociales doivent se fédérer est internationale, les moyens mis en œuvre pour la détruire devront donc être, autant que possible, internationalement coordonnés.
Les moyens de lutte très classiques mentionnés ci-dessous doivent être complétés par des moyens plus innovants. Ce texte entend surtout suggérer que les moyens les plus classiques comme les plus innovants doivent être repensés et organisés en fonction de la nécessaire coordination internationale.
Le parti pris par ce texte est également de n’envisager que des moyens pacifiques, mais non pas nécessairement légaux. Nous pensons en effet qu’au jeu de la violence, les polices et les armées de l’ordre marchand seront toujours gagnantes. Plutôt que de les affronter les armes à la main, nous suggérons de détruire les conditions matérielles et idéologiques qui permettent de les équiper, de les nourrir, de les justifier, de les motiver, de les isoler et de les commander.

La liste qui suit, est à compléter et à développer. Seuls les deux premiers moyens sont sommairement analysés dans la version développée de ce texte. Il ne s'agit que d'une manière d'entamer la réflexion. Car c'est de l'imagination de tous que naîtront les nouveaux modes d'action et seuls les luttes concrètes permettront de les valider et de les adapter aux circonstances.

1) Marches et manifestations

Extension/précision 12 : La manifestation doit d’abord être considérée comme un moyen de se réapproprier l’espace, d’occuper la rue autrement abandonnée à l’ordre sécuritaire marchand et aux slogans publicitaires. Dans certains pays européens comme la France (où ce fut pourtant une manifestation populaire qui permit de prendre la Bastille le 14 juillet 1789) l’excès d’encadrement des manifestations occulte cette signification fondamentale et amoindrit la force potentielle de la mobilisation populaire. Si la manifestation doit être considérée comme l’une des formes de la réappropriation populaire, à quoi peut donc servir cette réappropriation ?

- La manifestation est d’abord et au minimum un moyen de faire passer un message… qui doit prioritairement concerner ceux qui ne manifestent pas (ou ceux qui manifestent avec une intention différente) ! Dans le cas contraire nous pourrions nous contenter d’admirer nos banderoles à la maison entre amis. Les messages exprimés au cours de la manifestation ont pour buts de convaincre de nouveaux camarades de grossir nos rangs et, dans le même temps, de persuader des centres de pouvoir de céder à nos exigences.

- La manifestation est encore un moyen d’improviser un espace de décision comme une assemblée populaire.

- En déployant dans l’espace la force populaire, la manifestation peut aboutir à la conquête, à l’occupation ou à la destruction d’un lieu de production, de distribution, de détention, de transport, de diffusion médiatique ou de décision.
La manifestation peut aller jusqu’à la prise d’arme (prise de la Bastille) ou jusqu’à faire obstacle à une prise d’arme (comme le 18 mars 1871 lorsque la foule empêche la troupe d’emporter les canons de la butte Montmartre).

- La manifestation permet de s’opposer à une arrestation, à un acheminement, elle peut encore permettre une libération.

- Une manifestation peut aboutir à la chute d’un gouvernement (comme l’ont récemment prouvé les émeutes tunisiennes du début de l’année 2011) ou au contraire empêcher une prise de pouvoir (ce fut le cas des manifestations vénézuéliennes autour du palais présidentiel qui permirent de faire échec au coup d’état contre Hugo Chavez en 2002).

La manifestation – même si elle peut-être indéfiniment renouvelée – se déroule ordinairement dans un espace et temps limité. La marche peut impliquer un espace et un temps beaucoup plus important. Elle peut ainsi être plus facilement internationalement coordonnée. Organiser le même jour et sur le même thème, des manifestations dans les grandes villes d’Europe, ou même dans les grandes capitales du monde entier, pourrait n’être pas plus efficace que les manifestations coordonnées dans la France entière lors des dernières « journées de mobilisation » contre la réforme des retraites. Une « marche » nationale, internationale ou même intercontinentale, en revanche, peut être un puissant moyen de mobilisation et de rencontre. Elle arrache au quotidien, renforce la détermination, forge l’unité et permet de déployer sur des milliers de kilomètres l’enthousiasme et la force populaire. On peut imaginer des marches européennes contre la rigueur partant d’Irlande, d’Angleterre, du Portugal, d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne, de Grèce même, se rejoignant dans les grandes capitales et aboutissant en France, autour des lieux du sommet (si possible en bloquant les aéroports, les routes et les voies ferrées pour aboutir à la forme « pacifique » de la séquestration des grands dirigeants évoquée dans l’extension n°2). On peut imaginer une marche des « migrants » qui, soutenue par une forte mobilisation populaire européenne, partirait d’Afrique et de Turquie, passerait les barrières de Ceuta et de Melilla, franchirait ou contournerait le mur que le gouvernement grec entend construire non loin d’Edirne, rallierait les sans papier des grandes villes d’Europe, libérerait les centres de détention et rejoindrait les travailleurs européens.
Pour préparer ce type de marches, d’autres actions similaires peuvent être entreprises, comme des caravanes militantes, des manifestations itinérantes etc…

2) Grèves

Extension/précision 13 : La grève peut être considérée comme le refus de se soumettre à un comportement socialement imposé. On peut la distinguer d’autres formes de refus, comme le boycott, qui concerne des actes qui ne sont pas socialement imposés, ou comme la désertion, qui va jusqu’à l’abandon du statut impliquant le comportement requis. Le gréviste refuse d’accomplir ce que son statut lui impose, mais il n’abandonne pas ce statut et les moyens qui y sont associés.
Le refus qui s’exprime dans la grève peut concerner le travail salarié ou un autre type d’activité régulière (aller en cours ou à la guerre, s’acquitter des tâches domestiques…), il peut concerner la soumission à un contrôle, l’acquittement d’un impôt ou encore l’accomplissement des actes essentiels à la bonne santé du corps (grève de la faim ou de l’hygiène).
Ce refus est d’abord un moyen de pression permettant d’obtenir la satisfaction d’une revendication en attaquant les intérêts ou l’image publique d’un centre de pouvoir.
C’est encore un moyen de libérer du temps pour d’autres actions militantes, et plus largement un moyen de suspendre le cours habituel des évènements. Lorsque le refus qui s’exprime dans la grève est généralisé (grève générale), cette suspension touche l’ordre existant dans sa totalité (comme dans l’utopie du dessinateur Gébé, L’An 001, encore qu’il s’agisse plutôt dans ce cas d’une désertion généralisée). Le refus généralisé altère la légitimité même des centres de pouvoir et fait passer de la voie « revendicative » à la voie « alternative ».
La grève est enfin un moyen de réappropriation, si elle s’accompagne d’occupations et de détournement de la production. Dans ce cas encore, la voie « revendicative » cède devant la voie « alternative ».
Le passage à la voie « alternative » s’opère lorsque le refus qui s’exprime dans la grève se transforme en un acte positif.
La grève ôte des moyens aux centres de pouvoir qui doivent être contraints, mais elle affaiblit également les grévistes et fait peser sur eux toutes sortes de menaces. Elle ne sera efficace en tant qu’arme revendicative, que si l’affaiblissement des premiers est supérieur à celui des seconds. La pression sur les centres de pouvoirs doit donc être aussi forte que possible et ceux-ci doivent être dans l’impossibilité de s’y soustraire. Si l’entreprise, la filière ou le secteur, touchés par la grève sont internationalement organisés, la grève devra être internationalement coordonnée. Un timide exemple en a été donné en octobre 2010, lorsque les travailleurs belges se sont mis en grève, pour empêcher que le blocage des raffineries françaises ne soit contourné par une augmentation des approvisionnements en provenance de la Belgique. Ce type d’action doit être généralisé à l’intérieur d’une même firme ou d’un même processus de production ou d’acheminement. Dans le même temps, la force des grévistes doit être préservée au maximum, par la concentration de leur action dans le temps et par les divers soutiens qui leur seront accordés (sympathie active de la population, caisses de solidarité…)
Pour que le temps libéré dans la grève soit efficacement employé, des lieux doivent lui être consacrés : maisons de la grève, campements etc…
La grève permet de nombreuses autres actions qui la complètent et la renforcent : blocages, occupations, détournement de la production… A compléter !

3) Blocages

Extension/précision 14 : A organiser localement en fonction des forces disponibles, mais à coordonner à différents niveaux, régional, national, international… pour garantir une efficacité maximum. Le blocage est à la fois moyen de pression et d’affaiblissement des centres de pouvoirs et un moyen de faire basculer les secteurs bloqués dans le mouvement de contestation. Pour obtenir le soutien populaire, il est possible de combiner les blocages à des opérations d’auto-réduction (péages, stations d’essence ou supermarchés gratuits etc…) et de réappropriation… A compléter !

4) Sabotages

Extension/précision 15 : Le sabotage des centres informatiques des banques et de la finance, l’altération ou la destruction de leurs données pourrait constituer l’équivalent de la destruction des registres de propriété au siècle dernier… Envisager le sabotage ou le détournement des moyens de diffusion de l’information (presse, média). A Compléter !

5) Campements et occupations

Extension/précision 16 : Constituer de manière légale ou illégale, des lieux de rencontres, de partages, de prises de décisions, de production, des appuis logistiques pour les autres formes de luttes… A compléter !

6) Contre-informations

Extension/précision 17 : Les diverses formes de la contre informations, de la pratique des contre-sommets à l’occupation des plateaux de télévision… A compléter !

7) Détournements et arrêts sélectifs de la production

Extension/précision 18 : Détourner la production du système marchand pour la distribuer directement aux forces populaires… Arrêt sélectif de la production (par exemple de la production ou de l’acheminement d’armes a telle ou telle destination). Coupures d’électricité ciblées sur les grands possédants, le personnel politique, les entreprises, les centres de répression ou de détentions. A compléter !

8) Réappropriations / réquisitions populaires

Extension/précision 19 : Logements, terrains, usines, supermarchés, médias… A compléter !

9) Harcèlement pacifique

Extension/précision 20 : Harcèlement des grands possédants, des actionnaires, des politiques, des directeurs, de tous les hommes et les femmes de pouvoirs, de tous ceux qui sont impliqués dans la répression : téléphone, interpellation, rassemblement. Pression sur les riches : divulgations des coordonnées et de l’agenda des milliardaires. Les harceler continuellement pour obtenir la plus forte imposition de leur revenu, la redistribution de leur patrimoine, la collectivisation de leurs groupes. Le même type d’harcèlement peut concerner les policiers et les militaires ; s’y rapportent les pratiques de « copwatching » etc… A compléter !

10) Soutiens

Extension/précision 21 : Légaux, financiers, logistiques coordinations, caisses de soutien intercontinentale etc… A compléter !



7) Établir le calendrier des luttes.

Voici enfin une liste des actions qui pourraient être chronologiquement entreprises (plus qu'au calendrier proposé - qui pourrait être totalement remis en cause - il s'agit de s'attacher à la suite logique des actions proposées) :

Dés à présent multiplier les contacts, d’abord avec tous les collectifs engagés dans les dernières luttes sociales européennes.

Proposer une union populaire des luttes contre la dictature économique.

Recueillir des revendications concrètes, des souhaits, des propositions d’actions.

Planifier les premières actions pour les mois d’avril et de mai 2011. Considérer la contestation du sommet du G8 de mai (et des autres sommets associés, comme le G8 des universités) comme un tour de chauffe permettant de roder la mobilisation.

Mettre en place des instruments d’informations, de suivis, de coordination et de soutiens des luttes (plusieurs sites Internet s’étaient plutôt bien acquittés de cette tâche durant la lutte contre la réforme des retraites en France).

Mettre en place des moyens de diffusion et d’information de masse pour informer et convaincre le plus grands nombre, par des tracts distribués en entreprise, par des prises de paroles populaires, par des détournements d’affichages publicitaires, par des prises d’antennes, par le détournement des moyens de la presse bourgeoise etc…

Organiser des contacts intercontinentaux entre les travailleurs. Pour nous, travailleurs européen, entrer directement en contact avec les travailleurs indiens, chinois, africains, américains… les tenir informés de l’évolution du mouvement en Europe tel qu’il est vécu de l’intérieur et non tel que les média de masse voudront le présenter. Leur faire part de notre vision de la lutte, de nos revendications, de la logique qui les sous-tend. Demander aux travailleurs des informations sur leurs propres mouvements, sur leurs propres revendications. Leur demander quel aide, quel soutien nous pouvons leur apporter. Leur signifier que nous sommes prêts à les aider de différentes manières, par exemple financièrement en mettant en place des caisses de solidarité ouvrière internationale ou d’une autre manière, par exemple, en faisant pression sur les dirigeants des entreprises transnationales installées dans leur pays, etc…

Coordonner les moyens de la lutte au niveau européen puis mondial. Organiser le blocage intercontinental de certains approvisionnements, organiser des marches transnationales…

Faire émerger des instances crédibles de représentation populaire comme un tribunal social international. Établir des cahiers de doléances internationaux.

Faire converger tous ces efforts vers une contestation massive et généralisée de l’ordre marchand en novembre 2011.

Qu’en songeant à l’automne qui précéda l’année de la fin du vieux monde, les prochaines générations puissent s’exclamer :

« Remember, Remember, the Fifth of November ! »





Quelques réflexions sur « l’appel de Londres » et la mobilisation sociale européenne en cours.

Lundi 13 décembre 2010, j’ai réalisé un petit montage un peu facile et racoleur sur les émeutes étudiantes anglaises, montage vite dépassé par l’actualité et c’est tant mieux.
A propos de cet « appel de Londres » et de sa réception européenne, il est difficile de ne pas songer à ce qu’aurait pu être la « journée européenne d’action contre les plans d’austérité » organisée le 15 décembre et qui n’a rencontré qu’un faible écho en France.
Il est vrai que cette journée était organisée à l’initiative de la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle adhèrent un certains nombre de syndicats nationaux dont la CFDT, la CFTC, la CGT, FO et l’UNSA mais dont les objectifs se bornent à la défense du modèle social européen, sans remettre en cause l’ordre économique existant qui le contredit et sans envisager la signification de ce modèle au sein de l’ordre planétaire marchand – les « hauts niveaux de vie » revendiqués pour les travailleurs et leur famille en Europe (la confédération ne précise pas si elle entend simplement par là un « pouvoir d’achat » élevé) pouvant fort bien reposer sur « de bas niveaux de vie » ailleurs.

Dans ma ville, 4 syndicats (CGT-CFDT-FSU-UNSA) devaient participer à cette fameuse journée, avec pour principale revendication, la reprise de l’appel de cette confédération européenne : « Contre l’austérité, pour l’emploi et la croissance ».

Or ce sont bien les termes de cette revendication qui sont contestables.

On remarquera qu’un Jacques Attali veut lui aussi « libérer la croissance » dans son fameux rapport, mais que les moyens qu’il évoque pour y parvenir sont pour le moins anti-social et anti-écologique.

On remarquera encore que tel était le slogan de la manifestation des syndicats européens le 29 septembre à Bruxelles, manifestation au cours de laquelle les services d’ordre des grandes fédérations avaient collaboré avec les flics pour réprimer les cortèges anti-capitalistes (voir à ce sujet « la répression qui vient en Europe »)

On remarquera enfin que le conseil européen veut lui aussi « relancer l’emploi » en augmentant le taux d’emploi des seniors, ce qui passe selon lui par le recul de l’âge de départ à la retraite dans des pays comme la France.

Manifester « contre l’austérité », pourquoi pas, mais manifester « pour l’emploi et la croissance » n’est pas forcément une bonne idée.

Il ne faut pas plus de croissance, c’est à dire plus de production, mais une meilleure répartition des richesses déjà produites et un choix plus démocratique des richesses à produire.

Il ne faut pas plus d’emploi, mais une moindre soumission à la servitude salariée.

Il ne faut pas plus de pouvoir d’achat, mais plus de gratuité, notamment par des services publics gratuits : transports, éducation, santé, ce qui là encore est objectivement « mauvais » pour la croissance (c’est du PIB en moins), mais bon pour le plus grand nombre.

Il faut donc rompre avec l’idée que la croissance, que l’accroissement du PIB est une bonne chose : c’est mauvais pour la planète et c’est mauvais pour nos vies.

Les revendications et les actions qui partent sur ces mauvaises bases ont peu de chances d’amener de bons résultats.

C’est pourquoi je n’ai pas participé au rassemblement prévu dans ma ville… Peut-être à tort, car au cours de ce type de manifestations, il est toujours possible de discuter, de débattre avec des camarades, et d’attirer leur attention sur ce que l’on perçoit des diverses luttes en Europe, luttes qui par leur ampleur et leur radicalité, vont bien au-delà de la seule contestation de « l’austérité » et remettent tout aussi bien en cause « l’emploi et la croissance » que le capitalisme. La confédération européenne des syndicats n’a pas le monopole des journées d’actions, pas plus que les centrales nationales. C’est à nous de nous réapproprier la contestation et si besoin de la radicaliser.

Mais depuis quelques semaines, j’avoue ressentir un certain découragement, une certaine lassitude, voire une certaine « dépression » après le reflux des mobilisations de masse contre la « réforme » des retraites. C’est plus vraisemblablement ce manque de courage qui m’a découragé d’aller battre les pavés neigeux.

Il est vrai également que l’actualité nationale nous invite à nous mobiliser sur d’autres thèmes que « l’emploi et la croissance ».
Ainsi, les mobilisations à Lyon et à Dijon contre la politique néfaste de la SAFER (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), quelques jours avant la nomination de Xavier Beulin à la tête de la FNSEA, un représentant de l’industrie céréalière, qui ne va certainement pas contribuer à une évolution positive dans ce domaine.
Ainsi et surtout la mobilisation contre la loi liberticide Loppsi II (voir la mise à jour de la page liens à ce sujet).

Ces mobilisations sont finalement tout aussi importantes que la mobilisation contre la réforme des retraite. Elles n’impliquent malheureusement qu’un faible nombre de militants.

Elles ne sont évidemment pas relayées par les média et par les organisations syndicales qui accréditent l’idée que ces histoires de paysans ou de squatteurs ne concernent pas la majorité des travailleurs.
Pourtant la loi LOPPSI II et la prétendue « réforme » des retraites doivent être considérée comme les deux faces de la répression économique.

Le recul de l’âge de départ à la retraite soumet les salariés plus longtemps aux pouvoirs des patrons.

Les magouilles de la SAFER et les délires sécuritaires de LOPPSI II les empêchent de trouver les moyens de vivre en dehors du salariat et de l’exploitation capitaliste. C’est une manière de rendre impossible ou de criminaliser toute tentative de s’affranchir individuellement ou en petit groupes de la dictature marchande (la loi LOPPSI II, sous une forme délirante, spectaculaire et démagogique revêt en outre une dimension liberticide et répressive beaucoup plus large, qui ne sera pas analysée dans cette article).

Ces deux types de « mesures » renforcent la soumission au pouvoir économique, à la minorité qui le détient et à la logique destructrice qui l’anime et lui fait dévorer notre milieu et nos vies.

A ces deux types de « répressions », correspondent deux types de luttes qui sont en réalité complémentaires

- Une lutte d’apparence réformiste pour la reconquête des acquis sociaux.

- Une lutte d’apparence plus « révolutionnaire » pour la multiplication des alternatives au capital.

Le discours oppose souvent ces deux types de luttes, en liant la première à un renforcement de l’état et en faisant au contraire reposer la seconde sur sa mise à l’écart.
Cette opposition est artificielle. La lutte réformiste ne vise pas à « renforcer » l’état, dont l’histoire nous a appris qu’il est avant tout un instrument de la classe dominante – aristocratique, religieuse, bureaucratique ou bourgeoise – et un centre de pouvoir irrationnel, inefficace et éthiquement injustifiable. C’est l’ampleur des luttes populaires qui, en de multiples occasions, a contraint l’état a prendre en compte l’intérêt général – les diverses révolutions, les grèves du Front Populaire ou le prestige armée des résistants à la Libération pour s’en tenir à l’exemple français. L’état doit davantage être soumis que conquis. La lutte réformiste peut aboutir à une amélioration concrète des conditions d’existence en l’obligeant à la redistribution des richesses, à l’atténuation des effets destructeurs de rapports sociaux inégalitaires, à la réintégration dans le bien commun des territoires conquis par la dictature marchande ou en passe de l’être : santé, éducation, logement, transport, énergie, communications… Mais la lutte réformiste peut encore préparer la mutation révolutionnaire en offrant aux individus et aux groupes qui la mettront en œuvre, des facilités et des espaces pour construire leurs alternatives.

Il faut plus que jamais travailler à révéler la cohérence des diverses luttes.
C’est évidemment loin d’être facile. Nous ne faisons le plus souvent que réagir aux attaques de l’ennemi en nous soumettant à son agenda de destructions programmées. Nous ne construisons nos appels qu’en réponse à la propagation de ses mensonges.
Comment dépasser cette situation ? Faut-il construire cette histoire des luttes que le collectif Wu-ming évoque en référence aux nouveaux « book-blocks » italiens ou anglais ? Les prochains combats nous le révéleront bientôt.

Lucrèce, décembre 2010





Les tracts

-divers tracts anti-consommation en période de noël,
-divers tracts contre la réforme des retraites,
-l'appel visant à la création d'assemblées populaires,
-l'appel visant à la création d'une coordination nationale pour l'abrogation de la réforme des retraite,
-la brochure « Quelques vérités sur les retraites ».

Décembre 2010 : divers tracts anti-conso à brandir en période de fête

Sous divers formats, à télécharger ici sous la forme d'un fichiers pdf ou sous la forme d'un document word modifiable.
Ces divers tracts sont à distribuer dans les grandes surfaces en période de fête, dans les rayons nourriture et jouet, à imprimer également sous la forme d'autocollants pour apposer sur les articles des marques les plus détestables.

Faire ses courses
en grande surface :

- C’est alimenter les profits qui détruisent la planète.

- C’est faire crever les maraîchers de ta région.

- C’est encourager l’agriculture intensive qui détruit les sols, les exportations qui ruinent l’économie locale, les transports polluants qui encombrent les routes et l’industrie agro-alimentaire qui nous empoisonne avec sa nourriture modifiée chimiquement et génétiquement.

logo carrefourCarrefour : le négatif est de retour !




A quoi ça sert noël ?

A noël et au jour de l’an,
j’arrête de consommer !

logo carrefour



Il faut 10 kilos de protéines végétales pour obtenir 1 kilos de protéines animales. Le bétail français est principalement nourri avec du soja – transgénique ou non – d’Amérique du sud, qui remplace la forêt et les cultures vivrières des petits paysans. En Bretagne, la pollution au nitrate des élevages porcins dégrade irrémédiablement les sols.

- Pour faire cesser la souffrance animale,

- Pour stopper la déforestation, l’exil des paysans pauvres dans les bidonvilles, le réchauffement climatique, la pollution des sols,

- Pour sauver la planète et nourrir le milliard d’êtres humains qui a faim, cessons ce gaspillage :

ARRÊTONS DE MANGER DE LA VIANDE !




POURQUOI ACHETER DES JOUETS IDIOTS ?

- fabriqués par des enfants exploités à l’autre bout du monde,

- pleins de plastiques et de produits chimiques qui donnent le cancer,

- pleins de stéréotypes vulgaires, violents, détruisant l’imagination,

- qui finiront à la poubelle et pollueront encore la terre ?

VOUS NE POUVEZ PAS AIMER
TOUT SIMPLEMENT
VOS ENFANTS ?





Octobre et novembre 2010 : divers tracts contre la réforme des retraites

Sous divers formats, à télécharger ici sous la forme d'un fichiers pdf ou sous la forme d'un document word modifiable.
Ces tracts sont adaptés à des contextes différents : Les tracts sur les assemblées populaires ou les AG interprofessionnelles sont plutôt à diffuser au cours des manifs, à un public "déjà convaincu", les tracts rappelant l'absurdité de la réforme et appelant à manifester, peuvent être diffusés dans les boites aux lettres par exemple...

Réforme des retraites :

Le capital veut nous exploiter deux ans de plus ?
Nous lui ferons payer bien davantage !

Grèves, blocages, saccages, sabotages, occupations, auto-réductions, vols, désertions : nous nous paierons directement sur sa bête.

L’insurrection gagne tranquillement la France entière. Partout les dépôts, les usines et les routes bloqués, les auto-réductions dans les supermarchés, les transports, aux péages ou dans les stations-service, les logements vides occupés, les permanences du pouvoir et les banques saccagées… Les médias n’arrivent plus à tout cacher, d’autant que leurs studios sont eux aussi squattés.
Ils ne pourront pas nous mettre tous en prison… Au contraire, c’est nous qui sortirons de la prison de nos vies en tordant les barreaux qui s’appellent travail, crédits, consommation, soumission au patron, à la loi, au profit …

Toi aussi nique l’économie !

C’est bon pour la planète et c’est bon pour ton prochain. Ça t’oblige à sortir de ton isolement, à t’auto-organiser avec tes camarades et à développer la solidarité. Les jours de la dictature marchande sont de toute façon comptés… Alors précipitons sa chute !



Toi aussi

participe à la victoire
contre le gouvernement des riches !

Toi aussi

Demain,
comme des millions d’autres,

descends dans la rue !



Lutte contre la réforme
des retraites :

On lâche pas l’affaire !

Cette réforme là, on n’en veut pas !
Organisons nous localement pour durcir le mouvement.
Multiplions les AG, multiplions les actions, reconduisons les grèves et soutenons les camarades grévistes !

JUSQU’À LA VICTOIRE, TOUJOURS !

Réforme des retraites :

Contre le projet des riches qui nous fait perdre 2 ans de vie…

On peut bien tenir 100 jours de grève !!!

Contre la réforme des retraites

Prenons la lutte en main !

Dans la ville et ses environs :

Assemblées Générales inter-
professionnelles :

- pour s’informer,

- pour décider des actions à mener,

- pour organiser les grèves,

- pour soutenir les grévistes !

Travailleurs,
lycéens, étudiants,
retraités,
syndiqués ou non syndiqués,

coordonnons la lutte
contre la réforme des retraites
dans la ville et ses environs,

par des Assemblées Générales
avant et après les manifs !

La retraite à 62 ans,
c’est un million
de chômeurs
en plus !!!

Cette réforme là,
on n’en veut pas !!!

Lutte contre la réforme
des retraites :

On tient le bon bout !

Continuons tous ensemble, car c’est maintenant
que tout se joue.
Organisons nous localement pour durcir le mouvement :

- décider des actions à mener,

- reconduire les grèves,

- soutenir les grévistes !

HASTA LA VICTORIA
SIEMPRE !

Lutte contre la réforme
des retraites :

On tient le bon bout !

Continuons tous ensemble, car c’est maintenant que tout se joue.

Alors, travailleurs, retraités, lycéens, étudiants,
syndiqués, non syndiqués :


Tous à la manif !

Octobre 2010 : AG populaires contre la réforme des retraites

RETRAITES :
QUE 1000 ASSEMBLÉES POPULAIRES FLEURISSENT SUR LE TERREAU DE LA CONTESTATION !!!

Dans ta ville, réunis-toi avec tes camarades pour décider des actions à mener localement : grèves, blocages, occupations, tenue de caisses de solidarité etc.


PRENDS TOI EN MAIN !!!

Toujours sur la réforme des retraites, nous vous proposons ce tract à personnaliser en fonction de vos projet locaux

Ici sous forme d'affiche pdf au format A4, sous forme de tract A5, et le document word qui vous permettra de modifier le tract et d'indiquer les dates et lieux de la prochaine assemblée populaire dans votre ville

Tract de juillet 2010

APPEL VISANT À LA CRÉATION D’UNE COORDINATION NATIONALE POUR L’ABROGATION DE LA RÉFORME DES RETRAITES

Ce texte rassemble quelques idées relatives la création d’une coordination nationale pour l’abrogation de la réforme des retraites. Il n’appartient à personne et ses arguments peuvent être utilisés par tous ceux qui sont séduits par cette initiative et qui ont les moyens de lui donner une suite concrète.

Il peut être télécharger sous la forme d'un pdf de 7 pages ou sous la forme d'un tract de 2 pages (mis à jour début octobre) pour impression A4 recto/verso...

1) La signification de la réforme

La réforme des retraites actuellement entreprise par le gouvernement français, doit s’interpréter comme une nouvelle offensive de la dictature économique contre la liberté et le bonheur du plus grand nombre.
Elle vise à mettre au pas la population française en l’obligeant à travailler plus et plus longtemps, tout en détruisant les mécanismes de solidarité qui, depuis un peu plus de 60 ans, ont rendu supportable l’exploitation salariée.
Elle s’inscrit dans un contexte européen de rigueur imposée, qui marque définitivement la primauté de l’intérêt des actionnaires et des financiers sur l’intérêt des peuples.
Le discours mensonger élaboré par l’oligarchie au pouvoir et par les principaux médias qui lui sont inféodés, présente la réforme comme inéluctable. Pourtant le simple retour au partage de la richesse nationale, tel qu’il s’effectuait au début des années 80, entre d’un coté les profits et de l’autre les salaires et les diverses prestations sociales, permettrait de dégager chaque année un excédent de plus de 100 milliards d’euros… De quoi combler 10 fois le déficit annuel des régimes de retraite tout en ouvrant de nouveaux droits !
Les journalistes, aux ordres d’un pouvoir économique qui s’est définitivement aliéné le pouvoir politique, abandonnent d’ailleurs assez rapidement leur médiocre argumentation sur l’ampleur des déficits (après tout, des pertes bancaires beaucoup plus importantes ont été effacées) pour finalement révéler que la réforme est indispensable afin de rassurer les marchés financiers et d’éviter que les agences de notation ne dégradent la note de la France comme elles ont auparavant dégradé la note de la Grèce et de l’Espagne.
Une hallucinante interview de l’ultra-libéral Charles Gave par Antoine Verlin, diffusée sur France-info le 1er juillet 2010 confirme cette analyse.

Démarre le lecteur pour écouter l'interview de Charles Gave sur France-Info.
N'hésite pas à cliquer 2 fois sur le bouton "play" pour que ça fonctionne !

Charles Gave ose ainsi affirmer :

« …si maintenant les marchés financiers (prennent le) contrôle des dépenses étatiques, celles-ci vont reculer, ce qui veut dire que la croissance va remonter et qu’à ce moment là, le marché des actions l’entérinera et qu’on aura une superbe hausse des marchés boursiers qui stagnent depuis 10 ans… Donc c’est assez simple, il faut simplement bloquer les dépenses de l’état et déréglementer tous les secteurs qui peuvent amener une certaine croissance. »

Au delà de la protection sociale c’est en effet tout le secteur public qui est visé et qui prochainement sera susceptible d’être « déréglementé », puis bradé, afin qu’une minorité de grands possédants puissent en tirer du profit. Que la plus grande partie de la population en souffre et perde le bénéfice de services auparavant gratuits (santé, retraite, logement, éducation, culture etc…) ne gène pas les instigateurs de ce sinistre plan, car c’est précisément le but qu’ils recherchent. Car alors, pour assurer sa propre survie, le peuple sera davantage soumis à l’exploitation salariée, imposée dans des conditions toujours plus contraignantes par et pour le bénéfice des grands possédants.
C’est donc bien une soumission aggravée au marché qui est réclamée à l’ensemble de la population française et c’est cette soumission qu’il est important de refuser, pour que les puissances de l’argent enhardis par leur victoire, n’encourage leur gouvernement à préparer de nouveaux coups bas.

2) L’insuffisance des actions déjà engagées

Pourtant le front syndical qui s’est formé contre la réforme paraît bien peu soudé et bien peu déterminé.
Après la journée de mobilisation du 27 mai, c’est dans la désunion que les grandes centrales syndicales ont appelé à deux journées de mobilisation, le 15 juin pour FO, et le 24 juin pour les autres centrales.
L’unité semble retrouvée à l’occasion des journées de mobilisation de septembre et octobre 2010. Mais la portée de ces journée, comme de celles qui vont suivre et leurs incidences prévisibles, semblent bien limitées. Le gouvernement minorera toujours le chiffre des manifestants et, aidé par les médias qui lui sont soumis, retournera à son avantage le sens de leur contestation. Il voudra interpréter la mobilisation populaire comme le signe d’une volonté de sauvegarder un système menacé, dont seule sa réforme peut assurer la pérénisation. Puis il attirera l’attention sur d’autres évènements et d’autres thèmes, la montée de l’insécurité, ou n’importe quel vaudeville politico-médiatique. Il comptera sur une nouvelle rupture de l’unité syndicale qui se signalera tôt ou tard, puis sur la lassitude des salariés qui en résultera. Les riches et leurs alliés, sûr de leur victoire, raillent d’ailleurs par avance la mobilisation. Comme l’affirme Charles Gave dans l’interview citée plus haut :

« Les gens vont défiler dans la rue, vont être très fâchés, ils n’y peuvent rien. Y’a plus d’argent dans la caisse, les étrangers ne veulent plus nous prêter, qu’est-ce que vous voulez qu’ils fassent ? Y’a plus d’argent, y’a plus d’argent. »
(comprenez : il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’état, qui refuse de le prendre aux riches et qui accepte au contraire de les financer, en honorant les charges de sa dette.)

3) La nécessaire coordination nationale

Pourtant, si la « mobilisation » populaire, va au-delà des journées de sages défilés, espacées de mois en mois, si elle débouche sur une grève générale et reconductible, et sur des actions coordonnées de blocages et d’occupations, alors tout pourrait changer.
Mais cette mobilisation qui n’aura dans un premier temps pas d’autre revendication que l’abrogation pure et simple du projet de réforme, devra se mettre à l’abri de toute rupture d’unité et de toute trahison.
C’est la raison pour laquelle elle doit être placée sous la direction d’une coordination nationale pour l’abrogation de la réforme des retraites constituée sur le modèle de la coordination qui a mené la lutte victorieuse contre le CPE.
La coordination nationale rassemblera les syndicats, mais également les partis politiques, les associations, les collectifs et organisations, qui prendront résolument position contre le report de l’âge légal du départ à la retraite.
Elle permettra d’associer à ce front du refus un ensemble de luttes, et tout particulièrement le mouvement des chômeurs et précaires, ou encore le mouvement pour la régularisation des sans-papiers.
Car toutes ces luttes ne constituent en définitive qu’un seul et même combat contre la misère d’un esclavage salarié aggravé et prolongé, contre la soumission croissante aux marchés financiers qui va de pair avec l’abandon de la souveraineté populaire, contre la destruction du bien commun et des mécanismes de solidarité nationale.

4) Les buts affichés de la coordination

4.1 Un premier objectif simple, l’abrogation de la réforme

Dans un premier temps la raison d’être de la coordination nationale sera d’obtenir le retrait pur et simple du projet de loi sur les retraites.
La coordination vivra et mènera ses actions tant que le projet n’aura pas été retiré ou s’il est malheureusement voté, tant qu’il ne sera pas abrogé.
La partie ne sera donc pas terminée lorsque la majorité UMP aura entériné le texte de l’oligarchie financière. Les grèves et les occupations perdureront tant que l’on ne sera pas revenu, au minimum, à un âge légal de départ à la retraite de 60 ans.

4.2 Dans un deuxième temps, des propositions concrètes

Si l’abrogation pure et simple de la réforme sera présentée dans un premier temps comme une exigence non négociable, dans un deuxième temps, la coordination pourra tolérer et même encourager, l’adoption d’une loi sur le financement des retraites qui interdirait de manière mécanique tout déficit des régimes, en ponctionnant les profits autant qu’il est nécessaire.
De même, la coordination pourra proposer et encourager des réformes allant dans le sens d’une amélioration des droits des salariés et d’un assouplissement des conditions de départ à la retraite : nouvelles possibilités de départs anticipés pour carrières longues ou prise en compte de la pénibilité du travail, augmentation du montant des retraites et des pensions de reversion les plus basses, augmentation d’au moins 50% du « minimum retraite » (ASI/ASPA) et assouplissement de ses conditions d’attribution, etc…

4.3 L’émergence d’une démocratie sociale en acte

Ce rôle de proposition pourrait d’ailleurs déboucher sur l’émergence d’une véritable démocratie sociale, qui ne laisse plus aux seuls professionnels de la politique – dont la collusion avec les puissances de l’argent est aujourd’hui si patente – le soin d’exprimer les aspirations populaires.
A cet effet, la coordination pourrait également exiger la restauration pleine et entière du droit de grève et son extension : suppression de tout service minimum et revendication d’un droit à la grève politique comme moyen d’imposer la discussion d’un texte de loi.

4.4 La nécessaire coordination européenne

Enfin, la coordination française pour l’abrogation de la réforme des retraites devra naturellement favoriser l’émergence d’une coordination sociale européenne qui aura pour but de faire contrepoids aux actuelles institutions européennes qui ne représentent manifestement pas les peuples mais seulement le pouvoir financier.
Cette coordination européenne devra obtenir un alignement des prestations sociales dans tous les pays membres, sur les modèles nationaux les plus favorables aux travailleurs.
Elle pourra utilement revendiquer la nationalisation ou, pourquoi pas, la « socialisation européenne » d’un certain nombre d’activités, le système bancaire et l’énergie notamment et exiger le démantèlement des monopoles médiatiques aux mains du pouvoir économique.

5) Quelques remarques sur l’organisation

Concrètement, la coordination nationale, avant de s’insérer éventuellement dans un ensemble européen, pourra s’appuyer sur des échelons territoriaux fédérant les forces localement disponibles.
Sa première action sera de favoriser et de coordonner la grève générale reconductible qui devra suivre la journée de mobilisation du 7 septembre. Des appels à la grève pourront être distribués à cet effet dans toutes les entreprises et administrations, expliquant les buts immédiats et les moyens d’actions du mouvement ainsi que les formalités à accomplir pour rester autant que possible dans un cadre légal, y compris et surtout dans les entreprises ou les syndicats sont peu ou ne sont pas représentés.
Un site Internet pourrait suivre l’effort d’information et de coordination département par département, le nombre d’entreprises restant à contacter et analyser les réactions des salariés. Il proposerait des modèles d’argumentation adaptés selon les secteurs et donnerait le mode d’emploi des actions à entreprendre localement, manifestations, blocages mais aussi actions d’occupation dirigées contre les banques, le MEDEF, les permanences des partis, la bourse ou encore les centres informatiques de la finance… (De telles initiatives ont émergé : voir par exemple Pour une grève générale jusqu’au retraite de la réforme Sarkozy/Woerth/Fillon).
La coordination devra également favoriser la constitution de caisses de solidarité regroupées à différents niveaux, dans la perspective d’une grève de longue durée et veiller à favoriser l’assistance juridique des personnes qui seront inévitablement incriminées, tout en comptant dès le départ au nombre de ses revendications l’amnistie générale de tous les délits commis à l’occasion du mouvement.

6) Cohérence du mouvement

Évidemment, la coordination nationale, pour être crédible, devra manifester une certaine cohérence théorique.
Mouvement de résistance dirigée contre la marchandisation du monde et la dictature de l’économie, elle ne devra pas elle-même revendiquer une plus grande marchandisation et une croissance de l’économie.

La coordination devra franchement accepter l’idée d’une récession économique européenne, prélude à une récession économique à l’échelle planétaire. Cette récession économique, absolument indispensable d’un point de vue écologique, est tout aussi souhaitable d’un point de vue humain.
Ce point mérite quelques explications : Jusqu’à présent, les périodes de récession ont coïncidé avec une aggravation de la misère. Ce n’est pourtant pas une fatalité si la récession, c’est à dire concrètement la diminution du Produit Intérieur Brut, s’accompagne d’une redistribution des richesses déjà produites et d’un choix socialement concerté des nouvelles richesses à produire. Dans le domaine du logement, de l’équipement ou de l’énergie par exemple, la dictature du marché interdit la satisfaction de nombreux besoins qui pourraient être facilement comblés, si le travail était réorienté sur ce qui est socialement utile. La constitution de cette nouvelle démocratie productive, devra naturellement s’accompagner d’une relocalisation des activités de production.
Enfin, à plus ou moins longue échéance, il faudra envisager le non remboursement des dettes publiques. La cessation de paiement doit être revendiquée comme une mesure juste et indispensable, car elle est essentiellement une cessation de paiement … aux plus riches ! Mais la nationalisation des secteurs bancaires et financiers pourrait permettre de régler la question par un simple jeu d’écriture. Si le peuple s’empare véritablement de la richesse qui lui revient, il ne peut pas être endetté vis à vis de lui-même !
Le mouvement pour l’abrogation de la réforme des retraites rejoint ainsi le mouvement collectif de réappropriation du monde et de reconquête individuelle du sens même de la vie.



Tract de juin 2010

Ce document peut être téléchargé sous la forme d'une brochure A5 de 24 pages (imposition de la brochure sur 3 A4 imprimés recto/verso) - et ici si vous souhaitez la modifier...




QUELQUES VERITÉS SUR LES RETRAITES

Un document édité par la Confédération Générale du Temps Libéré grâce aux chiffres du COR.

CORCGTL2

Introduction

Sécurité Sociale, Retraites, Congés Payés…
Ces conquêtes sociales, qui trouvent leurs origines dans les grèves de 1936, et dans le programme du Conseil National de la Résistance, ont permis d’adoucir notre servitude salariée.
Mais, depuis 30 ans, les maîtres du capital, comptant sur notre passivité et notre désunion, ont engagé une vaste contre-offensive.

Aujourd’hui, ils veulent tout nous reprendre.

Ils feraient bien de se méfier, car si nous n’avons même plus ces quelques consolations, alors plus rien ne nous retient…

Car nous aussi nous voulons tout !

Et derrière l’idée que nous ne voulons plus être obligés de travailler après 60 ans, se profile l’idée que nous ne voulons plus être obligés de travailler du tout !

Cet opuscule entend rappeler quelques vérités simples sur le travail et sur la retraite, vérités que tout le monde connaît ou devrait connaître, mais que bien peu osent formuler. Il voudrait montrer que le recul de l’âge légal de départ à la retraite n’est absolument pas inéluctable, mais qu’il soulève la question plus vaste du sens de nos vies et de notre capacité à nous réapproprier le monde qui nous a été volé.

Warren Buffet,

deuxième fortune mondiale,
déclarait au New York Times en 2006 :

« La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter. »

Partage de la valeur ajoutée, l’argent est là, il suffit de le prendre…

Extrait de la pièce de théâtre « Un hold-up géant » publié par la revue Fakir :

Prof : La valeur ajoutée, c’est la somme de tout ce qui est produit dans le pays. En France, c’est environ 2 000 milliards d’Euros. (Inscrit 2000 milliards.) En 1983, environ 75 % (Inscrit 75 %.) partait aux travailleurs – en salaires, mais aussi en retraite, en sécurité sociale, en ASSEDIC. Aujourd’hui, c’est à peu près 65 % (Inscrit 65 %). 75 % - 65 %, égal ? 10 %. 10 % de 2 000 milliards, ça fait combien ? 200 milliards.
Ca signifie que, si on avait conservé la répartition Capital / Travail de 1983, les travailleurs toucheraient – chaque année – 200 milliards de plus. Soit 5 000 euros de plus par tête ! C’est ça que nos camarades guade-loupéens appellent la profitation.
Metteur en scène : Et ils sont passés où, ces 200 milliards ? Dans la poche des actionnaires ! Donc, vous n’avez rien senti, ils sont restés très gentils, mais ils ont fait un sacré trou dans votre budget… Dix fois plus grand, au moins, que le trou de la Sécu. Trente fois plus grand que le déficit des retraites.

A voir ci-dessous, le court-métrage réalisé par Bresse-tv, la télévision associative et participative de Bourg-en-Bresse à partir de la pièce de la revue Fakir…

En cas de problème, vous pouvez toujours visionner la vidéo sur Tou tube, à l'adresse suivante.

D’après le FMI, la part des salaires dans le Produit Intérieur Brut (PIB), a baissé de 9,3% en France de 1983 à 2006. Dans le même temps, la part des dividendes dans la valeur ajoutée passait de 3,2 à 8,5%. Ces 9,3% représentent de 120 à 170 milliards d’euros par an !

200, 170 ou même 120 milliards…
C’est en tout cas supérieur au besoin de financement du régime de retraite estimé à 115 milliards en 2050 !

Quand on veut, on peut…

A l’automne 2008, le gouvernement français met en place un plan d’urgence de soutien aux banques. Ce plan prévoie la création d’une société dotée de 40 milliards d’euros, destinée à fournir des fonds propres et la création d’une caisse de refinancement des établissements de crédit, pouvant fournir des prêts pour une enveloppe maxi-male de 320 milliards d’euros.

Si une enveloppe de refinancement de 320 milliards est prévue pour les banques, pourquoi s’offusque-t-on du besoin de financement du système de retraite, évalué à 40 milliards en 2015, à 50 milliards en 2020 et à 115 milliards en 2050 ?

ON TE FAIT CROIRE
QU’IL Y A UN PROBLÈME
DE DÉFICIT
DES RÉGIMES DE RETRAITE,

MAIS,
QUAND IL A FALLU
RENFLOUER LES BANQUES,
ON A
CRACHÉ LES MILLIARDS
SANS PROBLÈME :

ON SE FOUT
DE TOI !

CGTL2

Ne rêve pas…
Ce n’est pas en travaillant plus longtemps que tu deviendras riche !

Prenons un riche au hasard :
Serge Dassault, chef d'entreprise, patron de presse, sénateur et ancien maire de Corbeil-Essonnes, dont la fortune est évaluée à un peu plus de 6,17 milliards d’euros.
Cette somme représente plus de 268 000 fois le salaire net annuel moyen qui est de 23 000 euros en France.
Le taux d’épargne des ménages ne dé-passant guère 10%, cela signifie qu’un salarié honnête et prévoyant peut espérer accumuler la fortune de monsieur Dassault en travaillant dur pendant environ 3 millions d’années…

Si l’on vit plus longtemps, c’est que l’on arrête plus tôt de travailler

Le travail, première cause d’insécurité :

Les médias alimentent la préoccupation sé-curitaire. Mais de quelle insécurité parle-t-on ?
Les 440 000 violences contre les personnes sont à comparer aux 700 000 accidents du travail avec arrêt comptabilisés en 2008.
94 accidents de travail mortels (1381 en tenant compte des accidents de trajet) à comparer aux 800 homicides jugés en France cette même année.
Il faut y ajouter les suicides non systémati-quement reconnus en accident du travail (environ 400 ou 500 par an). Cinquante sui-cides ont été recensés en 2 ans et demi pour la seule entreprise France Télécom.

Mais que fait la police ?

Le recul de l’âge l’égal de départ à la retraite n’est pas justifié par l’augmentation de l’espérance de vie !

En France, en 2007, l’espérance de vie « en bonne santé », c’est-à-dire sans limitation d’activités ou sans incapacité majeure, est estimée à 64,2 ans pour les femmes et à 63,1 ans pour les hommes.
Avec la retraite à 60 ans, les nouveaux nés actuels ne peuvent raisonnablement espérer que 3 ou 4 bonnes années !
Si l’on repousse encore l’âge légal de départ à la retraite, même malade et diminué, il faudra travailler !

Je veux
partir en retraite
de cette
société mal faite
avant
d’être foutu !

CGTL2

L’Europe veut mettre ses peuples au boulot…

En mars 2000, lors du Conseil européen de Lisbonne, les dirigeants européens ont souhaité faire de l’Europe, d’ici à 2010, « l’économie de connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde ». Les objectifs qu’ils se sont fixés pour 2010 prévoient d’atteindre 70% de taux d’emploi global et 50 % de taux d’emploi pour les « seniors » c’est-à-dire pour les personnes âgées de 55 à 64 ans.

…Mais les français résistent !

En France, le taux d’emploi des seniors en 2008 n’est que de 38,3 %, il tombe à 18% dans la catégorie des 60-65 ans.
D’après l’INSEE : plus de 99 % des inactifs retraités ou pré-retraités de moins de 65 ans déclarent ne pas souhaiter travailler.
Il y a environ 4 millions de personnes âgées de 61 à 65 ans. … La retraite à 65 ans pourrait bien se traduire par un peu plus de 3 millions de chômeurs supplémentaires…
Et de fait, le grand mouvement populaire qui va maintenant se dresser contre le recul de l’âge légal de départ à la retraite devra naturellement s’associer aux luttes en cours des chômeurs et des précaires.
Il s’agit d’une même résistance contre le durcissement de l’esclavage salarié imposé par les puissances de l’argent !

Le travail tue,
Le travail crève,
Le temps s’achète
Au supermarché.
Le temps payé
Ne revient plus,
La jeunesse meurt
De temps perdu !

Inspiré de la chanson « La vie s’écoule, la vie s’enfuit ».
CGTL2


Le travail,
y’en a
pas beaucoup…
Après 50 ans,
faut le laisser
à ceux
qu’aiment ça !

Inspiré par la chanson de Coluche « Conseil à un nourisson ».
CGTL2

Travailler après 60 ans ?

Mais pour produire quels biens et quels services utiles à la société ?
Il faudrait d’abord décider de ce dont nous avons besoin et ensuite se répartir le travail, selon nos envies, nos âges et nos compétences.

Mais ils ne veulent pas de cela !

Ils veulent simplement nous faire travailler plus longtemps pour augmenter leurs profits et nous enfermer plus longtemps dans leurs cages !

Conclusion

Nous disposons sur cette terre d’assez de compétences et de ressources pour nourrir, loger, soigner et éduquer toute la population humaine en y consacrant un minimum d’effort (quelques heures par semaine et par adulte suffiraient…).
Si nous échouons à satisfaire les besoins élémentaires, et ce, même dans nos pays dits « développés », c’est uniquement à cause d’un problème de répartition.
Car tous les biens, y compris les plus essen-tiels, sont répartis sur une base monétaire.
Or, pour la plus grande partie de la population, le travail salarié est le principal moyen d’acquérir cette base monétaire. Mais ce travail ne répond pas aux besoins de la société puisque ses fruits sont détournés par ceux qui ont accumulés les richesses et les pouvoirs.
Le marché n’est que le moyen d’accroître le pouvoir et la satisfaction des plus riches ! Eux n’ont pas acquis leur fortune par le salariat, mais par l’exploitation des salariés et par les arnaques financières et spéculatives.

Tant qu’il y aura des milliardaires, il y aura la guerre !

Tant que l’on sacrifiera nos vies et notre bien-être à leurs profits, il nous faudra être insoumis !

La conquête démocratique de ce siècle sera d’enfin décider par nous-même de ce que nous voulons produire, des besoins que nous voulons satisfaire, des efforts et des ressources que nous sommes disposés à y consacrer.
Nous pourrions nous réapproprier ce monde, reprendre aux patrons notre temps et notre peine, reprendre aux publicitaires l’énoncé de nos désirs, reprendre aux églises et aux nations nos croyances et nos identités, reprendre enfin aux gouvernants, au marché et aux firmes, la maîtrise de l’emploi de nos vies.
Ces conquêtes ne se feront pas en un jour. Il faudra lutter pied à pied pour un monde meilleur. En attendant, refusons tout assujettissement supplémentaire au marché :

Refusons le recul de l’âge légal de départ à la retraite.

Et s’ils veulent nous l’imposer ?
Ah, mais dans ce cas, plus rien ne nous oblige à nous soumettre à leur esclavage salarié, plus rien ne nous oblige à payer nos impôts, plus rien ne nous oblige à rembourser nos dettes.
Plus rien ne nous empêche d’occuper les logements vides, de pratiquer les auto-réductions, de prendre le contrôle des routes et des dépôts, des centrales et des trains, plus rien ne nous empêche de nous organiser !

Les scénarii « Pour la révolution »

Il n'y a pour l'instant qu'un scénario « pour la révolution » élaboré à l'automne 2009 par Lucrèce à partir de la crise agricole. Vous pouvez proposer vos propres sccénarii en nous écrivant ici

OUVRIERS... OU BIEN PAYSANS !

1) Le prétexte
L’insurrection qui vient :

p 109 :

« Faire feu de toute crise »

p 116 :

« Laisser comme aujourd’hui à deux pour cent de la population le soin de produire l’alimentation de tous les autres est une ineptie historique autant que stratégique. »

Depuis qu'ils sont nourris au foin, mes condés ont le poil soyeux

Ces deux citations tirées – une fois n’est pas coutume – de « L’insurrection qui vient » ont été placées en exergue de ce billet, car elles m’ont suggéré ce premier scénario « pour la révolution ». Plus exactement, c’est la confrontation de ces deux phrases avec les récents mouvements de protestation dans le monde agricole, qui m’a inspiré une « rêverie révolutionnaire » esquissant une stratégie de déstabilisation de l’ordre marchand.

La semaine dernière, on a pu assister un peu partout en France à différentes actions paysannes. Dans ma ville, le lisier déversé sur la rue de la préfecture n’a malheureusement pas éclaboussé les murs de l’état et les flics, tout aspergé de foin, ont finalement assez rapidement dispersé les manifestants après quelques glissades sur le lisier de cochon (à ce sujet, quelques jolies images dérobées à la presse collaborationniste locale me permettront d’agrémenter mon article). Le blocage des entrées et sorties d’autoroute qui était apparemment annoncé, n’a pas vraiment eu lieu. Feu de paille donc, au propre comme au figuré ? Sans doute, mais probable prélude à de nouveaux embrasements.

2) Crise et revendications

Crise, embrasements, colère… Revenons sur la première des deux citations :

« Faire feu de toute crise »

La crise constitue en effet une occasion, un prétexte à l’action. Mais il y a différentes manières de saisir cette occasion.

Lors des mouvements sociaux qui « font crise », une même logique revendicatrice est généralement mise en œuvre :

- Des revendications sont exprimées, qui peuvent concerner des sujets très divers – le retrait d’une réforme ou l’abrogation d’un texte de loi, l’exigence d’une nouvelle protection, un meilleur salaire, de meilleures conditions de travail, la préservation des emplois etc.

- Un ou plusieurs moyens de pression sont mis en œuvre pour obtenir satisfaction : Manifestations, grève, occupation, séquestrations, etc.

- Ces moyens de pression sont censés contraindre une instance capable de donner satisfaction, c'est-à-dire capable d’accorder l’avantage demandé ou capable de suspendre la mesure contestée ou encore capable d’imposer un comportement, un accord, une décision à un tiers. Cette instance peut-être l’état ou toute autre collectivité publique, une institution ou une organisation internationale, une direction d’entreprise, une profession organisée, un partenaire, une fournisseur, un client. Parfois la pression est dirigée sur différentes instances : par exemple on requiert l’arbitrage de l’état dans la négociation avec un tiers (la grande distribution, une direction d’entreprise, un autre état) ou on lui demande de défendre une position particulière devant une autre instance, par exemple les institutions européennes ou l’Organisation Mondiale du Commerce.

Les flics pataugent dans le lisiers de cochon

La logique revendicatrice suppose qu’il existe une instance détentrice d’un certain pouvoir et/ou d’une certaine richesse et capable, par là même, de donner satisfaction. Elle trouve rapidement ces limites :

- D’une part, parce que l’instance désignée peut prétexter son impuissance ou la responsabilité d’une autre instance : « la crise nous l’interdit », « si nous faisons cela nous perdons notre compétitivité », « les engagements européens nous l’interdisent », « les administrateurs ont décidé »…

- D’autre part, parce que la logique revendicatrice ne remet pas en cause l’ordre qui aboutit à la concentration de richesse et de pouvoir constatée : On demande au roi ou au seigneur de fournir du pain sans songer à s’emparer directement du pain ou à conquérir les moyens de fabriquer du pain.

C’est cette logique revendicatrice, mise en œuvre à l’occasion d’une crise, que j’aimerais voir subvertir. Je pense que les prochaines crises, tout en se structurant sur cette logique, ne devront pas principalement permettre aux revendications d’aboutir mais qu’elles devront plutôt créer les conditions de nouveaux rapports de production et d’échanges. Le petit scénario révolutionnaire développé à partir de la crise agricole vise à développer cette idée. Au-delà de son réalisme que l’on pourra certainement contester, il tente d’illustrer cette nouvelle manière d’envisager les luttes. D’autres scénarii mieux ficelés peuvent être proposés. Ils alimenteront la liste des actions à mener « Pour la révolution1 ».

3) Même combat

Venons en maintenant à la seconde citation :

« Laisser comme aujourd’hui à deux pour cent de la population le soin de produire l’alimentation de tous les autres est une ineptie historique autant que stratégique. »

Sans doute, pour construire un monde meilleur en dehors de l’ordre marchand, faudra-il que la plus grande partie de la population participe davantage à la production des richesses véritables et notamment à la production des denrées alimentaires. « Chaque IBU est un paysan» peut-on lire dans Bolo’Bolo.
Par ailleurs, les terres agricoles recouvrent plus de la moitié de la superficie du territoire métropolitain français. Mais l’écrasante majorité de la population loge, travaille et se déplace dans des zones urbaines qui en recouvrent moins de 15%. La réappropriation de nos existences, passera certainement par une réappropriation du territoire, par un territoire non pas mieux « aménagé » par des bureaucrates de la DATAR, mais mieux « habité » par des humains qui auront enfin repris le contrôle de leurs vies.

Pourtant la manière dont « L’insurrection qui vient » énonce cette nécessité peut sembler choquante. Car que suggère-t-elle donc ? D’exproprier les paysans, tels de méchants koulaks, de leur reprendre leur terre de force si besoin, pour ne plus « leur laisser le soin » de « produire notre alimentation2 » ? Ne doit-on pas envisager le problème différemment ? Lutter avec les paysans, compter dans un premier temps sur leur force et leur détermination pour affaiblir l’emprise de l’ordre de marchand, et dans un second temps, bénéficier de leur compétence pour construire le nouveau monde.

Tel est, du moins, un bon moyen de « faire feu » de cette crise particulière qu’est la crise agricole.

Dans le scénario que je vais maintenant proposer je montrerai comment les luttes paysannes pourraient converger avec les luttes des populations urbaines, des travailleurs urbains, ouvriers ou employés, des chômeurs, mais aussi avec des mouvements impliqués dans les luttes « citoyennes ». Le véritable enjeu de cette convergence serait, au-delà de la satisfaction d’un certain nombre de revendications exprimées, de faire émerger de nouvelles formes de collaborations entre urbains et ruraux3 qui constituent des alternatives crédibles et durables à l’ordre marchand.

L’idée pourra paraître utopique ou saugrenue, pour différentes raisons :

- En France, le monde paysan est souvent perçu comme conservateur, voire réactionnaire. L’imagerie pétainiste du retour à la terre, de la France profonde et éternelle des campagnes, renforce cette perception.

- Le monde paysan reste objectivement inféodé à un syndicat majoritaire très droitier, très éloigné en tout cas de toute velléité « révolutionnaire ». La FNSEA ménage l’état dans ses revendications et se trouve en retour ménagée par le pouvoir. Elle bénéficie de son soutien et de son indulgence. De fait, la casse d’une préfecture ou d’une caisse de mutualité sociale agricole par les agriculteurs en colère, est beaucoup plus facilement pardonnée, elle n’entraîne pas les mêmes conséquences judiciaires qu’une action similaire, engagées par les ouvriers de chez Continental par exemple.

- Les paysans, demeurent dans leur grande majorité des « possédants ». Et il est exact que la simple détention d’un patrimoine renforce naturellement le conservatisme.

- Les luttes paysannes apparaissent déconnectées des mouvements ouvriers, ou plus généralement des mouvements urbains de contestation. Ces deux mondes là ne se rencontrent pas et tout semble fait pour les opposer. Les intérêts des « consommateurs urbains » semblent contredire les intérêts des agriculteurs. La consommation de « produits alimentaires » au prix le plus bas réclame la diminution des revenus agricoles et la consommation de « biens environnementaux » réclame davantage de contraintes vis-à-vis des pratiques agricoles. Le paysan, s’il n’est plus majoritairement considéré comme un profiteur, comme un riche qui dissimule sa richesse (conformément au cliché du sketch de Fernand Reynaud), est à présent dénoncé comme un pollueur.

Et pourtant… Toutes ces fausses bonnes raisons qui suggèrent une opposition entre le monde agricole et le prolétariat urbain peuvent être retournées.

Le supposé conservatisme de la classe paysanne a toutes les caractéristiques d’une idée reçue, imprécise, mal définie, dont les conséquences concrètes ne peuvent être appréciées4. Ce conservatisme est-il meilleur ou pire que celui de la classe moyenne ? La question est dénuée de sens. Il ne s’agit pas d’apprécier la bonne ou la mauvaise conscience d’un groupe social, mais plutôt de se demander ce qu’il est prêt à accomplir. Et dans les années qui viennent, les agriculteurs se montreront sans doute davantage disposés à la lutte que la « classe moyenne » urbaine. Leur supposé conservatisme s’exprimera en tous les cas différemment selon les circonstances et surtout selon les catégories d’agriculteurs. Car la classe paysanne n’est pas une. Très schématiquement on peut distinguer trois catégories d’agriculteurs :

- un tiers de « pauvres » (environ 100 000) dont les revenus atteignent péniblement le smic ou lui sont inférieurs,

- un tiers dont les revenus se situent entre un et trois SMIC et que l’on pourrait assimiler à la classe moyenne, s’ils n’étaient pas menacés, par l’évolution prévisible du secteur, de rejoindre la catégorie inférieure,

- et un tiers de « riches » (ou relativement riches) exploitants.

En matière de revenus, rien ne semble donc distinguer une majorité d’agriculteurs des « travailleurs pauvres » urbains. Ah mais si, dira-t-on, il y a une grande différence, les premiers sont propriétaires de leur exploitation, ce sont d’abord des patrons, des possédants, qui détiennent… plein de prêts à rembourser ! Les agriculteurs sont dans leur grande majorité fortement endettés. Leurs « possessions » sont hypothéquées par la masse de leurs crédits. On estime qu’en moyenne, la charge de la dette représente plus de 30% de leur excédent brut d’exploitation. C'est-à-dire qu’ils dépensent plus d’un tiers de leur revenu à payer leurs emprunts.
La crise du secteur agricole ne peut que s’amplifier dans les mois et les années à venir avec la refonte annoncée de la Politique Agricole Commune et la diminution des subventions qui en résultera5. Elle aggravera encore les inégalités au sein de la population agricole et augmentera la proportion de paysans pauvres.
La course à la rentabilité qui semble être le seul horizon de l’agriculture européenne, le regroupement des exploitations et les inévitables faillites qui vont en découler provoqueront une vague de colère au sein d’une population fortement endettée, d’autant que les autres motifs de mécontentement vont perdurer :

- les rapports toujours conflictuels avec la grande distribution,

- la pression des banques,

- la mauvaise image des agriculteurs, stigmatisés en matière environnementale, sommés de renoncer aux pratiques que le marché leur a auparavant imposé, et de se plier à de nouvelles contraintes6.

J’ai parlé plus haut de la connivence entre l’état et la FNSEA. Mais finalement, avec un Jean-Michel Lemétayer courtisé par Sarkosy et récemment nommé à la tête du groupe Sopexa, les agriculteurs doivent savoir à quoi s’en tenir… Alors qu’un Bernard Thibault, tout autant compromis avec le gouvernement, contribue bien plus efficacement à la faillite des luttes, par l’illusion qu’il entretient encore au sein d’une partie des travailleurs. La colère des agriculteurs pourrait donc plus facilement s’étendre à leur direction syndicale qui s’est accoquinée avec l’état. Quoiqu’il en soit, les syndicats ouvriers ou paysans sont comme les urnes, ils sont faits pour être contournés. Et dans les faits, l’envie d’en découdre des agriculteurs contraste avec le discours modéré de la FNSEA. Leurs slogans ménagent le pouvoir et les flics, mais leurs actes leur en mettent plein la gueule. En retour, la relative modération du pouvoir face à la mobilisation agricole doit être considérée comme une chance, comme un atout supplémentaire permettant de prendre de vitesse la répression.

Quant à l’opposition entre agriculteurs et travailleurs urbains… Elle est artificiellement entretenue par le capitalisme. C’est le capitalisme qui dresse les travailleurs les uns contre les autres au sein des différentes nations et qui oppose les différentes catégories de travailleurs au sein d’une même nation ou d’une même entreprise. Sa stratégie est toujours la même. Elle consiste à élever des barrières entre les individus pour susciter leur rivalité plutôt que leur collaboration. Il ne tient qu’à nous d’abattre ces barrières et de vaincre les profiteurs en nous unissant. En l’occurrence c’est naturellement par-dessus la grande distribution, par-dessus les banques, et par-dessus l’industrie agro-alimentaire que les travailleurs des villes et les travailleurs des champs pourront se réconcilier et améliorer leur condition d’existence.
Et de même, c’est le capitalisme et sa course à la rentabilité, qui a transformé les cultivateurs et les éleveurs en pollueurs et qui les a rendu dépendants de produits phytosanitaires ou pharmaceutiques aussi nocifs que coûteux. C’est le rapprochement local des agriculteurs et des travailleurs urbains, en dehors de la dictature du marché, qui permettra de constituer des groupes écologiquement responsables.

Ainsi donc, les conditions sont réunies pour que la colère et le désespoir du monde agricole s’exprime dans des actions radicales, menées sur le long terme avec une grande détermination. Ces actions seront d’autant plus faciles à conduire, leur écho sera d’autant plus important, qu’elles recevront le soutien de la population urbaine et qu’elles s’agrégeront à des luttes de travailleurs urbains.

4) Quelles revendications?

Mais comment doivent-elles débuter ?

Il faut dans, un premier temps, recourir à cette logique revendicative dont j’ai voulu préciser les limites un peu plus haut. Mais dès le départ les revendications doivent attaquer l’ordre marchand. Selon moi, elles pourraient être prioritairement dirigées contre les banques, la grande distribution et l’état.

- Contre les banques : les agriculteurs devraient tout simplement exiger la remise complète de leurs dettes. L’argumentaire serait simple : on a aidé les banques qui ont provoqué la crise. A présent c’est à notre tour d’être aidé et tout de suite ! La seule solution, c’est l’apurement complet de nos dettes. Les agriculteurs algériens l’ont obtenu au début de l’année 2009. On veut la même chose.

- Contre la grande distribution : il s’agirait de stigmatiser quelques abus et de réclamer le doublement des prix d’achat par exemple (dans ce domaine, les moyens d’action – occupation des grandes surfaces, arrêt des approvisionnements – compteront davantage que la revendication qui doit être considérée comme un prétexte).

- Contre l’état : on pourrait facilement dénoncer la trahison de l’état, coupable d’avoir livré depuis des années l’agriculture à la bureaucratie européenne avant de la brader à l’OMC. Pour se racheter, l’état devra imposer les revendications agricoles aux banques et aux supermarchés. Dans l’attente, il devra supporter la grève de l’impôt et des cotisations (attention cependant, le mouvement doit être sûr de sa force avant de mettre cette menace à exécution. Les alliances auront dû être scellées auparavant avec le mouvement ouvrier)7.

5) Quelle organisation ?

L’idée générale est bien de donner au mouvement les moyens de ses ambitions en agrégeant les forces des travailleurs urbains à celle des agriculteurs.
Comment y parvenir ? Je ne prétends pas répondre précisément à cette question, qui doit être étudiée au cas par cas, en tenant compte des spécificités locales. Urbains et agriculteurs doivent se coordonner localement, sur un territoire dont ils pourront contrôler les approvisionnements et fédérer les luttes. Une zone d’action doit donc regrouper autant que possible un bassin d’emploi industriel avec ses entreprises menacées, une zone urbaine avec ses commerces, ses banques, ses institutions et une zone rurale comptant quelques milliers d’agriculteurs. Dans tous les cas, les actions entreprises doivent êtres adaptées aux conditions et aux possibilités locales.
Des « comités locaux de réappropriation » pourraient être créés pour coordonner ces actions. Les contacts avec les agriculteurs peuvent être pris à l’initiative de travailleurs urbains ou de mouvements citoyens fédérateurs. Ils doivent évidemment court-circuiter les syndicats nationaux.

Du coté des « urbains », en dehors des revendications locales qui concerneront la sauvegarde de l’emploi industriel, l’amélioration des conditions de travail, les embauches, etc. des revendications plus générales pourraient unifier le mouvement à un niveau national. Elles peuvent concerner :

- L’annulation de la dette. Cette revendication permettrait d’ailleurs d’unifier « un front de résistance des ouvriers, des employés et des paysans contre les banques ». Elle pourrait conduire, par exemple, à exiger la remise inconditionnelle des dettes de tout salarié licencié.

- L’interdiction des délocalisations et un nouveau statut juridique permettant la collectivisation par les salariés des entreprises abandonnées par les investisseurs étrangers.

- Une surenchère d’exigences sociales justifiée par la rengaine : « l’état l’a bien fait pour les banques, et maintenant, il va devoir le faire pour les agriculteurs, alors ça doit concerner tout le monde ! » avec la classique augmentation des minima sociaux, le renforcement de la protection sociale, la gratuité des soins pour toutes les catégories sociales etc… Cette surenchère n’est pas une fin en soi. Elle vise à durcir le mouvement et à retarder l’issue de la lutte. Là encore, il s’agit d’un prétexte.

- Des revendications concernant « le service public » propre à impliquer le personnel des transports et de l’énergie. La participation des cheminots et des électriciens est sans doute une des clés de la réussite. Si les trains roulent pour le mouvement et si on plonge la réaction dans le noir, alors la partie sera rapidement gagnée.

- Des revendications plus citoyennes concernant par exemple l’indépendance des médias (exigence de démantèlement des groupes Bouygues, Lagardère, Bolloré, Bernard Arnault, Dassault, Weil… Restitution de ces médias aux salariés de l’information, dans le cadre du nouveau statut de collectivisation – cette exigence peut trouver sa justification dans le déroulement même de la contestation : les médias nous ont menti sur l’ampleur de la crise. Aujourd’hui ils déforment nos actions et nos revendications. C’est parce qu’ils sont vendus au pouvoir et à ceux qui nous exploitent) ou la régularisation des clandestins (intégration des clandestins dans la lutte au côté des travailleurs français, mise en avant de la solidarité de classe contre toute revendication raciste ou nationaliste). Ces revendications peuvent permettre d’impliquer la portion moins « radicale » de la population et plus proche de la « gauche » classique.

Ainsi donc, le mouvement peut être coordonné autour de comités locaux de réappropriation (une cinquantaine pour le territoire français ?), rassemblant agriculteurs, travailleurs et résidents urbains, menant des actions dictées par le contexte local, mais unis au niveau national par un certain nombre de revendications et bénéficiant si possible de l’appui des cheminots, des gaziers et des électriciens.

6) Quelles actions ?

Les moyens :

Cavalerie agricole

Comme tous les groupes sociaux, les agriculteurs doivent comprendre que leurs actions ne produiront des effets que si elles perturbent profondément et durablement l’ordre marchand, que si elles interrompent sur un terme assez long la « normalité » de la société capitaliste. Quelques manifestations ou quelques saccages ne permettront pas d’obtenir une quelconque avancée. La « grève du lait » telle qu’elle a été récemment menée est inefficace puisqu’elle n’a pas conduit à interrompre les approvisionnements des supermarchés.

En l’occurrence, pour obtenir satisfaction, c’est une véritable « grève alimentaire » que les agriculteurs doivent déclencher. Il ne s’agit évidemment pas d’affamer les populations urbaines, mais de prendre le contrôle de la distribution des denrées alimentaires. Evidemment, c’est en lien avec des mouvements de travailleurs urbains que cette action doit se coordonner. Ces « distributions » doivent fournir l’occasion aux populations urbaines et rurales de se rencontrer, de se comprendre et de définir de nouveaux axes de collaborations. Elles doivent revêtir une dimension festive, mais également idéologique en contribuant à faire émerger une autre parole, une vision du monde différente de celle véhiculée par les médias dominants. De nouveaux médias peuvent être créés à cette occasion, par exemple la télé ou la radios des luttes urbaines et rurales. Parallèlement les moyens de diffusion des médias traditionnels peuvent être sabotés ou parasités.

L’organisation de la grève alimentaire, qui n’implique pas seulement la distribution de la production agricole, mais aussi le contrôle des flux et des dépôts de marchandises, doit s’accompagner d’occupations des banques, des grandes surfaces et éventuellement des administrations. Ces occupations, avec séquestrations éventuelles de quelques cadres dirigeants, revêtent une dimension symbolique qui, dans certains cas, ne constitue qu’un leurre destiné à mobiliser inutilement les forces de l’ordre. L’objectif véritable sera plutôt l’occupation des dépôts, le contrôle des axes routiers, bref la mainmise sur la circulation des marchandises8.

Les échanges entre les travailleurs urbains et les agriculteurs doivent se multiplier. Du coté des travailleurs urbains, il faut, autant que possible, continuer de faire tourner les usines en grève en réorientant leur production de manière à fournir de nouveaux moyens à la lutte. Mais les urbains peuvent également aider à la bonne marche des exploitations agricoles pendant que les agriculteurs mènent leurs actions. Ils peuvent effectuer de menus travaux et surtout, par leur nombre, contrecarrer les actions des forces de l’ordre, empêcher les saisies, refouler les contrôleurs ou les huissiers. Ils peuvent également occuper les terres des riches agriculteurs qui ne voudront pas suivre le mouvement.

paysans et contis ensemble
7) Pour la révolution

Pour résumer, les paysans ravitaillent la population urbaine et en retour, les coordinations urbaines fournissent aide et assistance aux mouvements agricoles. La logique de cette collaboration est de susciter une nouvelle organisation révolutionnaire en dehors de l’échange marchand. Cette organisation non marchande doit être mise en place dans les meilleures conditions. Il faut faire appel à l’imagination, à toutes les énergies et à toutes les compétences.
Surtout, il faut dès le début être très attentif aux « dommages collatéraux » de la lutte. Il faut revendiquer le paiement des salaires et l’annulation de la dette pour tous les salariés privés d’emploi par les blocages. Et puis, assez rapidement, il faut impliquer ces salariés dans la lutte en utilisant leurs savoir-faire. Les caissières comme les salariés de l’industrie agro-alimentaire doivent participer aux distributions et au conditionnement. Les routiers doivent transporter les marchandises pour le compte du mouvement etc.
Assez rapidement la collaboration devra s’étendre ou se renforcer dans les domaines des transports et de l’énergie. Il faudra en venir à redéfinir localement les conditions de la production d’énergie, seul moyen pour sortir concrètement du nucléaire9. En ce qui concerne les transports, le blocage des dépôts de carburant, devrait avoir paralysé le trafic routier au bout de quelques mois et rendu l’automobile inutile. Le contrôle du réseau ferré devra alors revenir aux comités locaux de réappropriation.
Après plusieurs mois de lutte, la collaboration agro-urbaine permettra aux consommateurs urbains de bénéficier d’une nouvelle récolte à laquelle ils auront eux-mêmes contribué. Cette collaboration fera naturellement émerger une agriculture plus diversifiée, plus écologique et répondant véritablement aux besoins des populations locales. Surtout, elle sera assez rapidement fatal au capitalisme. Il ne sera alors plus possible de revenir en arrière. L’économie marchande sera anéantie et la seule alternative sera d’aller vers quelque chose qui ressemble à Bolo’Bolo.

Ce scénario, un peu précipité dans ses conclusions (il faudrait le compléter pour indiquer comment le mouvement doit dépasser le cadre hexagonal et se coordonner avec d’autres mobilisations anti-capitalistes dans le monde entier), peut paraître irréaliste… Mais il est en tout cas moins absurde que la mauvaise comédie que nous jouons tous les jours au sein de la dictature marchande et qui nous oblige à produire dans la douleur, la crainte et la mauvaise conscience, des biens inutiles et polluants. Continuer de nous plier à cet ordre paraît plus irrationnel que de vouloir lui échapper.

Si le mouvement échoue, c'est-à-dire s’il ne conduit qu’à la satisfaction de tout ou partie des revendications exprimées, ce sera toujours ça de gagné sur la dictature marchande et sur les profits bancaires ! Il aura également permis de nouer de précieux contacts et d’irremplaçables solidarités et constituera un exemple pour tous les autres pays. (c’est la raison pour laquelle il faudra être attentifs à la nature des revendications exprimées, mêmes si on les considère comme de simples prétextes).

Si le mouvement réussit en France, de part l’extrême sensibilité de l’économie capitaliste à la moindre perturbation, on peut espérer une irrépressible contagion révolutionnaire dans le monde entier.

Mais, il faut se dépêcher… Avant que l’emploi industriel ne soit complètement détruit et avant que le monde paysan, endormi par quelques nouvelles subventions bidons, n’ait définitivement laissé la place à l’industrie capitaliste de la culture et de l’élevage.

Alors vous, les enragés, comprenez vous de quoi il est question ?
Il ne s’agit pas de pratiquer quelques auto-réductions vites interrompues par les vigiles du coin, mais, avec l’aide de 100 000 agriculteurs déterminés, d’organiser le ravitaillement de la population urbaine en dehors de la grande distribution.
ll ne s’agit plus de balancer un morceau de métal sur les lignes à haute tension pour arrêter un malheureux train, mais, par l’union des ouvriers, des paysans et des cheminots, de prendre le contrôle des flux de marchandises.
Il ne s’agit plus de briser les vitrines d’une agence bancaire à Poitiers ou ailleurs, mais, par l’action commune des travailleurs ruraux et urbains, de faire plier puis de paralyser tout le système bancaire, pour s’affranchir enfin du monde de l’argent.

Lucrèce, octobre 2009

PS

J’ajouterai encore qu’au-delà des compétences insurrectionnelles, la révolution aura besoin de mécaniciens, d’ingénieurs, d’agronomes, de bâtisseurs et tout simplement de femmes et d’hommes disposés à apprendre la manière de réaliser un travail utile pour eux et pour leurs proches. L’idée qui guide la révolution est simple : S’organiser et produire ce dont nous avons besoin et ce qui répond à nos désirs réels, mais sans échange monétaire. Comment répartir alors les moyens et les biens produits ? Conformément aux principes de la propriété humaine, et à l’éthique de l’habitat humain. Qu’est ce qu’on attend pour s’y mettre ? Une crise, comme la crise agricole ? C’est ce que j’ai voulu suggérer dans ce scénario… Mais finalement la révolution peut aussi se développer en dehors de toute crise si elle vient à la conscience d’un nombre suffisamment important d’Ibus.

1On pourrait se demander s’il est bien sage de publier tous ces scénarii. N’est-ce pas une manière d’informer les serviteurs du vieux monde, de préparer les bureaucrates, les patrons et les flics aux attaques qu’ils auront à subir ? Ces propositions de scénarii révolutionnaires ont cependant de grandes chances de demeurer très confidentielles au vu de la faible audience d’Esprit68. Mais peut-être les RG constituent-ils une part importante de son faible lectorat ? Qu’importe… Ce n’est pas parce qu’ils auront identifié un virus que les médecins du capital empêcheront sa propagation (et puis ils ont tellement à faire avec La grippe A qui arrive !) . Du reste, si vraiment des membres des RG me lisent, je les invite à saboter la répression policière de l’intérieur. Car comme tous les êtres humains, ils ont intérêt au triomphe de la révolution pour interrompre enfin le gâchis de leur existence. Plus sérieusement, à la différence des buts révolutionnaires qui, étant fondamentalement justes, peuvent être largement diffusés, je veux bien admettre que les manœuvres tactiques visant à contrecarrer localement la répression doivent être tenues secrètes.(retour au corps du texte).

2Du reste, le plus souvent, les paysans ne produisent pas directement notre alimentation. Ils sont les fournisseurs d’une industrie agro-alimentaire qui transforme, conditionne et redistribue leur produit pour en tirer un profit. Il faudra avoir cette donnée à l’esprit lorsque nous en viendrons à l’exposé de notre scénario révolutionnaire.(retour au corps du texte).

3Ou plutôt entre agriculteurs et actuels non-agriculteurs, car les catégories de ruraux et d’urbains ne sont pas dans tous les cas opportunes, des travailleurs ouvriers pouvant résider en zone rurale…(retour au corps du texte).

4Sauf peut-être en matière électorale, mais finalement qui s’en soucie ? Qui prétendra que la véritable remise en cause du capitalisme passera par les urnes ?(retour au corps du texte).

5Les subventions accordées nationalement ne feront que retarder cette échéance. Elles ne résoudront pas le problème de l’endettement, mais elles accompagneront sur le long terme le regroupement des exploitations et l’évolution vers une agriculture industrielle et capitaliste.(retour au corps du texte).

6Comme le révèle la récente attention portée par les médias aux problèmes des algues vertes en Bretagne et à ce fameux rapport « secret » de la préfecture des Côtes-d'Armor qui préconise la suppression des exploitations (plus de 2000 seraient potentiellement concernées !) dans les zones les plus touchées par le phénomène.(retour au corps du texte).

7Ce qu’il ne faut pas revendiquer par contre, ce sont l’octroi de nouvelles subventions, ou la régulation du marché. Les agriculteurs doivent comprendre que ce type de mesures ne fait que prolonger leur misère. Il ne règle pas le problème de leur endettement et les laissera sur le long terme assujetti à un marché mondialisé et de toute façon dérégulé, qui ne réclame pas des paysans mais des industriels de la culture et de l’élevage, associés à des industriels de la pharmacie, de la chimie et de la génétique. Sans doute, les agriculteurs pourraient-ils obtenir par la lutte des subventions leur permettant d’évoluer vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement et de la santé des consommateurs, peut-être même vers la constitution d’une nouvelle sorte de « commerce équitable » réservée à l’agriculture nationale. Mais là encore, une telle évolution dissimulerait par quelques adjuvants écologiques et sociaux une marche générale et à peine retardée, vers la concentration des exploitations et la confiscation de l’agriculture par quelques entreprises capitalistes.(retour au corps du texte).

8Les supermarchés peuvent être occupés dans un premier temps pour organiser de gigantesques opérations d’auto réduction jusqu’à épuisement des stocks. Mais passé cette première phase, il faut assez rapidement veiller à organiser la distribution dans d’autres lieux. D’une part parce qu’il faut « désapprendre » le supermarché à la population urbaine et d’autre part, parce que les supermarchés pourront assez rapidement être repris par les forces de l’ordre… Mais en la matière, je me laisse peut-être abuser par mon inclinaison personnelle qui m’inciterait plutôt à brûler tous les centres commerciaux.(retour au corps du texte).

9Le contrôle de l’énergie peut s’accompagner d’un contrôle des réseaux de communication : le vieux monde perd alors ses médias et seule circule l’information révolutionnaire.(retour au corps du texte).



Les slogans

Quelques images et slogans pour tracts, tee-shirt, auto-collants (clic droit pour télécharger)...

En République d'anarchie
Tifo  « Vive l’Anarchie »
Tifo « Vive l’Anarchie »
Tifo  « Anarchie en sarkozy »
Tifo « Anarchie en sarkozy »
Tifo  « Aux chiottes sarko »
Tifo « Aux chiottes sarko »
Anarchie sur terre
Anarchie sur terre
Anarchie comme vaisseau
Anarchie comme vaisseau
Anarcho-écolo
Anarcho-écolo
Contre l'abrutissement sportif !
Pour en finir avec le football !
Pour en finir avec le football !
Anarchie aux Jeux Olympiques
Anarchie aux Jeux Olympiques
Levons nos poings !
Levons nos poings !
Contre le mensonge religieux !
L'hydre infâme ! L'hydre infâme !
Entartons !
Entartons !
L'internationale obscurantiste
L'internationale obscurantiste
Contre les riches !
Renversons la balance !
Renversons la balance !
Les riches sont dégueulasses !
Les riches sont dégueulasses !
Rends la terre qui tu vole !
Rends la terre qui tu vole !
Un peu de bon sens !
Comme la lune !
Comme la lune !
Soyons réalistes !
Soyons réalistes !
Cités écolos ? Mais pour tous !
Cités écolos ? Mais pour tous !
Les idoles sont creuses : renverse-les !
Les êtres humains souffrent, pas les drapeaux
Les êtres humains souffrent, pas les drapeaux
nationalisme = mensonges
nationalisme = mensonges
Renverse les pouvoirs !
Renverse les pouvoirs !

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