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Nestlé et le business de l'eau en bouteille

Nestlé et le business de l'eau en bouteille

Documentaire Suisse d'Urs Schnell et Res Gehriger, 2013. Cette enquête édifiante montre comment la multinationale Nestlé, leader mondial de l’agroalimentaire, et notamment du commerce de l’eau en bouteille, (Nestlé possède plus de soixante-dix marques partout dans le monde comme Perrier, San Pellegrino, Vittel ou Poland Spring aux états-unis), s’approprie les ressources en eau sur tous les continents pour générer avec l’eau en bouteille un dixième de son chiffre d’affaires global, qui s’élève à 110 milliards de francs suisses.
Pour Peter Brabeck, président du conseil d’administration de Nestlé et ancien PDG de la société, cette stratégie est censée "garantir encore cent quarante ans de vie" à l’entreprise. Mais à quel prix et au bénéfice de qui ? Aux États-Unis, Nestlé pompe pour un prix dérisoire des millions de m3 d’eau des sources du Maine, et les achemine par camions citerne pour remplir ses bouteilles de « Polang Spring », dont le contenu devient magiquement 100 fois plus cher que lorsqu’il s’écoule des robinets de la région. Les habitants qui s’opposent à ce pillage de leur ressource, doivent engager un long et difficile combat juridique contre la multinationale. Au Pakistan, Nestlé assèche et souille les puits des villages pauvres pour revendre ses bouteilles d’eau « Pure Life » à la clientèle aisée de Lahore. La marchandisation de l’eau fait également des ravages à Lagos, au Nigéria, où les familles des bidonvilles consacrent la moitié de leur budget pour acheter de l’eau en barriques quand les classes privilégiées boivent « Pure Life ».  Mais pour Peter Brabeck, qui qualifie d’extrémistes ceux qui voudraient faire de l’eau un bien public, « Il faut que l’eau soit considérée comme une denrée, et comme toute denrée alimentaire, qu’elle ait une valeur, un coût ». Sauf que ce coût, ce n’est évidemment pas lui qui l’assume. De même que les propriétaires terriens n’ont pas assumé le coût des terres dont ils ont chassé les paysans, de même que les conquistadors n’ont pas assumé le coût des richesses qu’ils ont pillé dans le nouveau monde, de même que les esclavagistes n’ont pas assumé le coût du labeur de leurs esclaves. Oui, une fois qu’ils ont commis leurs pillages, les voleurs marchands veulent quant à eux être payés.
Le Web Documentaire qui complète le film est à voir ici.


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