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Pig Business

Pig Business

Film documentaire de Tracy Worcester, 2009. Dans Pig Business, la militante écologiste Tracy Worcester entreprend de révéler les véritables coûts environnementaux et humains du porc à bas prix importé de l’étranger, et vendu dans les supermarchés de Grande-Bretagne. Son film dresse un état des lieux des conséquences de l’élevage industriel aux États-Unis, et de la propagation de ce modèle d’agriculture intensive en Europe. Il se concentre sur le premier producteur mondial de viande de porc, Smithfield Foods, basé aux Etats-Unis, qui traite 27 millions de porcs par an dans 15 pays, avec 52.000 employés et dégage des ventes annuelles d’environ 11 milliards de dollars en 2010. En rachetant les anciennes fermes d’état polonaises pour les transformer en usines d’élevage intensif de porcs, la firme n’a pas seulement dégradé l’environnement et la qualité de l’alimentation, tout en infligeant d’inacceptables souffrances aux animaux, elle a également ruiné les agriculteurs locaux, ajoutant au désastre écologiste un désastre social. Ce double désastre s’étend bien au-delà des frontières de l’Europe puisque Smithfield Foods nourrit ses porcs avec le soja de Cargill, première société agroalimentaire du monde, dont les plantations transgéniques ont fortement contribuées à la destruction de la forêt amazonienne, tout en chassant les paysans sud-américains de leurs terres. Un nouveau désastre sanitaire se profile enfin, causé par l’utilisation massive d’antibiotiques, indispensable dans les élevages intensifs, qui favorise paradoxalement le développement de maladies transmissibles à l’homme comme le SARM et – le film n’en fait pas mention – la grippe porcine, puisqu’il est supposé qu'un groupe d’exploitations agricoles de Smithfield à Perote, Veracruz au Mexique soit à l’origine de l'épidémie de grippe porcine qui a eu lieu en 2009.

Pig Business n’est pas un film radical. Il se contente de révéler pourquoi nous devrions cesser d’acheter de la viande provenant du modèle contemporain d’agriculture industrialisée, qui porte préjudice à la santé humaine, pollue l’environnement, détruit les communautés rurales, et accroit les souffrances des animaux. Le film de Tracy Worcester n’adopte toutefois pas le point de vue antispéciste qui est par exemple développé dans le film Earthlings et ne remet pas fondamentalement en cause le système économique et institutionnel. Il fait ainsi intervenir le démocrate Robert Francis Kennedy Junior dans un « rôle » quelque peu similaire à celui d’Al Gore dans « Une vérité qui dérange » (en plus discret il est vrai). C’est là sans doute la principale faiblesse du film qui n’en appelle finalement qu’au supposé pouvoir des consommateurs, pouvoir dans les faits bien dérisoire. Car non seulement la majorité de ces « consommateurs » n’a pas les moyens de s’acheter les produits respectant « des normes élevées de qualité », mais en outre elle est soumise à l’endoctrinement publicitaire et aux mensonges et dissimulations de masse. Pour preuve, les difficultés de diffusion qu’a connu et que connait toujours le film Pig Business lui-même, suite aux pressions de la firme Smithfield.

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